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L'opium

 
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Pat
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MessagePosté le: Mer 20 Jan - 17:42 (2010)    Sujet du message: L'opium Répondre en citant

Attention voila une tartine!

Laos: les limites de la lutte internationale contre la culture du pavot
dans le Triangle d’Or    
Texte paru en 1996
Yann Bisiou
Maître de Conférence
Université Paul Valéry – Montpellier III
 
  Résumé : La lutte internationale contre la production de drogues, et plus particulièrement d'opium, est largement inefficace. Au Laos la culture de l'opium est un pis-aller pour les paysans à qui elle fournit un médicament utile et un revenu de complément. La développement de cultures de substitution peut réussir. Mais le coût de ces programmes est élevé et les financements internationaux insuffisants. Quant à l'organisation d'une répression internationale par le biais de "modèles de lois" élaborés par le PNUCID, elle paraît totalement inadaptée et même dangereuse.
 
 
            Le Triangle d’or, aux confins de la Thaïlande, du Myanmar (Birmanie), de la Chine et du Laos, reste l’une des principales zones de production de l’opium, avec le Croissant d’Or, en Afghanistan et au Pakistan. En application des conventions internationales de 1961 et 1988, le Programme des Nations-Unies pour le Contrôle International des Drogues (PNUCID) et la communauté internationale cherchent à supprimer la culture du pavot dans la région. Depuis plus de dix ans les projets se succèdent et des progrès ont été enregistrés, en Thaïlande notamment . Pourtant, bien qu’elle soit animée des meilleures intentions, l’action internationale apparaît souvent insuffisante, parfois inadaptée et génératrice d’effets pervers. La lutte contre l’opium au Laos en fournit un exemple peu connu.
 
 
La culture du pavot au Laos: un problème complexe
 
 
            Le Laos se situe au coeur du Triangle d’Or. C’est un pays producteur et consommateur d’opium ainsi qu’un pays de transit pour l’héroïne. En 1993, le Gouvernement et le PNUCID estimaient la production d’opium à 125 ou 130 tonnes, les deux-tiers étant consommés au Laos, le reste - environ 45 à 50 tonnes - pouvant alimenter le trafic. Le nombre d’usagers est également préoccupant. 2% de la population totale des tribus montagnardes, soit 42 000 personnes consomment quotidiennement de l’opium.
 
            La culture du pavot à opium dans la région n’est pas récente. Elle est attestée dès le milieu du XIXème siècle, lors de l’établissement du Protectorat de la France sur le Laos. Elle dépasse largement le Triangle d’Or pour concerner les dix provinces du Nord-Laos depuis la frontière Thaï jusqu’au Vietnam. Elle est essentiellement le fait des Lao Seung, les ethnies H’mongs et Yaos qui émigrèrent de Chine pendant le XIXème siècle.
 
            Le pavot est cultivé de façon archaïque, sans engrais, selon la technique du brûlis. La plantation a lieu à la saison des pluies - après l’ensilage du riz - et la récolte de l’opium dure de décembre à mars. Cette tâche occupe toute la famille. Il faut inciser manuellement chaque tête de pavot puis, le lendemain matin , recueillir le suc oxidé, l’opium brut. Les moments de liberté sont mis à profit par les femmes pour confectionner le papier de bambou qui sert à emballer les boules d’opium. Cet opium est ensuite vendu ou échangé sur les marchés contre des tissus, des vêtements, de l’argent pour les bijoux, des outils ou du bétail.
 
            La culture du pavot demeure une composante essentielle de l’économie des tribus, comme au XVIII ou au XIXème siècle. Près d’un tier des villages du Nord Laos sont impliqués, 17% des foyers des 10 provinces concernées. Dans ces montagnes pauvres et isolées, l’opium est la seule denrée à forte valeur ajoutée, facile à transporter et à écouler. Même si le revenu qu’il procure n’est pas considérable - probablement quelques centaines de dollars par an - c’est souvent la seule ressource des paysans. Il est très difficile d’estimer avec précision l’importance exacte de ce revenu en raison de la grande disparité qui existe dans la taille des exploitations ou leur rendement à l’hectare, ainsi que dans les prix de vente de l’opium brut. Les récoltes sont, en moyenne de 500 g à 3 kg par an et par famille, mais certains producteurs récoltent plus de 10 kilos. Par ailleurs, le prix de l’opium subit d’importantes variations tant saisonnières qu’annuelles. Dans une même année, l’opium est plus cher au début et à la fin de la saison - lorsque l’approvisionnement est insuffisant pour répondre à la demande - il décroit en revanche au plus fort de la récolte. D’une année sur l’autre, on constate la même disparité. Après avoir diminué entre 1991 et 1992 pour atteindre 70$ au kilo - 350 Frs - le prix semble être remonté pour atteindre plus de 200$ en janvier 1995 - 1000 Frs - près de la frontière vietnamienne. Les campagnes d’éradication massives au Vietnam pendant la saison 1994-1995 expliquent peut-être cette envolée des prix.
 
            L’intérêt économique de l’opium se double d’un intérêt sanitaire. En l’absence de tout système de santé primaire, l’opium est bien souvent le seul médicament disponible dans les montagnes. Le Laos dispose d’un système de santé insuffisant. Les hôpitaux de province, situés à plusieurs jours de marche des villages, sont dans un état d’extrême dénuement. Les paysans restent donc largement dépendants de l’opium pour se soigner et ils cultivent parfois, à cet effet, une variété de pavot aux fleurs violettes réputée pour avoir un taux de morphine élevé.
 
            L’opium est une panacé contre tous les maux,  douleurs mais également dhiarrées ou bronchites, et cette usage médical est une des principales causes de l’opiomanie. La première prise d’opium a lieu dans un but thérapeutique puis l’usage persiste après la maladie dans un but hédoniste ou “pour que le mal ne revienne pas”. L’image de l’opium réservé au vieux paysan est un mythe. Les usagers ont une trentaine d’années et les adolescents et les femmes ne sont pas épargnés. Lors d’une cure de désintoxication réalisée à l’initiative du PNUCID au printemps 1995, le plus jeune patient avait 17 ans. Il avait commencé l’opium à 13 ans.
 
 
La prohibition internationale de l’opium: une politique inefficace parce qu’inadaptée
 
 
            Pour lutter contre la culture du pavot, le Gouvernement laotien et le PNUCID ont conçu des projets de “développement rural” des régions productrices. Trois projets sont financés par le PNUCID. Celui de Palaveck s’achève sur un succès ; la production d’opium a été supprimée. Le deuxième projet se poursuit dans le Xieng Khouang,  près du Vietnam, et un troisième devrait débuter cette année dans la partie laotienne du Triangle d’Or. D’autres actions sont financées directement par des pays développés. C’est le cas à Houaphan,  avec un projet américain.
 
            Cette politique volontariste parait pourtant bien insuffisante, pour ne pas dire dérisoire. Ces projets sont extrêmement coûteux.  Ils représentent un investissement de 3 à 6 millions de dollars par projet. Tout doit être fait, les routes, l’irrigation, l’acclimatation de nouvelles cultures, le système de santé, la désintoxication, l’éducation, etc... Un projet comme celui de Palaveck a nécessité plus de 5 millions de dollars et il ne concerne qu’une vingtaine de villages sur les 2200 villages producteurs d’opium. Réduire de 30% la production d’opium au Laos coûterait 35 millions de dollars et, pour être efficace, il faudrait agir de même dans les autres pays producteurs. On imagine le coût d’un tel programme en Afghanistan, où la production est estimée à 3400 tonnes.
 
            Alors que le développement rural suppose des investissements considérables, les fonds disponibles diminuent. Les Gouvernements des pays développés, toujours prompts à déclarer leur volonté de lutter contre l’abus de stupéfiants ne sont pas prêts à financer cette action. Si des pays comme l’Allemagne, la Norvège, la Suède ou les Etats-Unis soutiennent des projets de développement rural, si l’Union Européenne envisage de s’y associer, le Japon ou la France en sont absents. Au Laos, le budget du PNUCID a été réduit de plus des 2/3 entre 1994 et 1995 et il a fallu revoir les objectifs à la baisse. Le projet de Xaisomboun, par exemple, qui visait à étendre à toute la province l’action menée à Palaveck a dû être annulé en l’absence de pays donateur.
 
            Dans ces conditions, une politique de réduction des cultures du pavot est illusoire. Le risque est alors de voir la communauté internationale choisir une voie plus répressive en tentant d’obtenir par la crainte ce qu’elle ne peut obtenir par la persuasion.
 
 
La prohibition internationale de l’opium: une politique dangereuse
 
 
            Incapable de substituer sur une large échelle d’autres cultures à celle de l’opium, les pays industrialisés et le PNUCID sont en effet tentés de focaliser leur action sur la répression. Quelques policiers sont formés, des équipements  sont fournis pour lutter contre le trafic et on “suggère” aux pays producteurs d’opium de durcir leur législation pénale.
 
            Ainsi, par exemple, l’article 135 du code pénal laotien réprime le trafic de stupéfiants d’une peine de 10 ans d’emprisonnement mais il ne punit pas la culture du pavot. Les pays donateurs et le PNUCID insistent auprès du Gouvernement pour qu’il modifie le code et qu’il sanctionne la culture du pavot. Le PNUCID élabore des “modèles de loi”, des “codes de la drogue” fortement inspirés de l’ancienne législation française et censés mettre en oeuvre les dispositions des conventions internationales. Mais ces textes font une lecture très répressive des conventions en prévoyant de pénaliser la culture du pavot ou l’usage de stupéfiants, ce que les conventions ne prévoient pas.
 
            Plus encore, cette volonté de répression conduit à des dérives regrettables. Pour satisfaire la communauté internationale, le Gouvernement qui ne peut agir contre les producteurs d’opium poursuit les cultivateurs de cannabis. Des actions d’éradication sont menées dans tout le sud du pays, façon de détourner l’attention du problème de l’opium. Par ailleurs, la vision exclusivement répressive des services juridiques PNUCID entraine l’ONU dans un processus de remise en cause des Droits de l’homme et des libertés individuelles. Le Laos est ainsi invité par le PNUCID à doubler la durée de la garde-à-vue alors que celle-ci peut déjà atteindre plusieurs mois, à supprimer dans certaines circonstances la présomption d’innoncence où à favoriser la délation.
 
            On peut douter de l’efficacité de ces “modèles de lois” inspirés du droit français. L’administration laotienne est peu nombreuse, insuffisamment formée et elle dispose de faibles moyens matériels. L’application de la législation française soulèverait des problèmes insurmontables. En outre sanctionner pénalement la culture du pavot n’aurait aucun effet. En l’absence d’alternative économique, les tribus du Nord Laos ne pourront renoncer à cette unique ressource. Soit on appliquera la loi au risque de provoquer des troubles, Soit on ne l’appliquera pas, au risque de la déconsidérer.
 
 
            La culture de l’opium au Laos remonte au XIXème siècle et depuis cette époque, les tentatives d’interdiction de cette production ont échoué. Pendant toute la période coloniale, la France a cherché à mettre en place un monopole fiscal sur l’opium. Elle a dû renoncer à ce monopole dans les territoires du Nord et elle a admis, dès 1895 que les H’mongs et les Yaos puissent continuer à cultiver le pavot. En 1971, le Royaume, alors indépendant, abandonna le monopole fiscal au profit de la prohibition afin de répondre aux nouvelles exigences internationales. Instruit de l’échec de ses prédécesseurs, le législateur admit cependant que les H’mongs et les Yaos âgés de plus de 40 ans puissent continuer à cultiver l’opium nécessaire à leur usage. L’annonce de cette loi provoqua des troubles tels qu’on dû renoncer à l’appliquer. A son tour, depuis 1985, le Gouvernement communiste du Laos cherche à supprimer cette culture. Mais les moyens manquent pour aider les paysans et le PNUCID s’orientent vers la répression plutôt que l’assistance aux populations productrices. Cette politique court à l’échec.
 
 
 
Bibliographie:
Anonyme, Saysomboune, a special zone, Vientiane Times, 25-31 août 1995, p. 10-11
Bisiou Yann, Les monopoles des stupéfiants, Thèse , Université de Paris X Nanterre, 1994
Chan Sucheng, H’mong means free, Temple University Press, Philadelphia, 1994
Chazée Laurent, Atlas des ethnies et des sous-ethnies du Laos, Bangkok, 1995
Escoffier-Fauveau Claire, Opium addiction in Luang Namta and Bokeo provinces, doc. dactylographié, Vientiane, 1994
Lao National Commission for Drug Control and Supervision, Proposal for a comprehensive drug control programme, 4 vol., Vientiane, 1993
PNUCID, Afghanistan Opium Poppy Survey, Islamabad,  1994
Taillard Christian, Le Laos - stratégies d’un Etat-tampon,  coll. Territoires, GIP Reclus, Montpellier, 1989
Wijeyewardene Gehan (sous la direction de), Ethnic Groups across National Boundaries in Mainland Southeast Asia, Social Issues in Southeast  Asia, Institute of Southeast Asian Studies, Singapore, 1990


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Pat
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MessagePosté le: Mer 20 Jan - 17:46 (2010)    Sujet du message: L'opium Répondre en citant

Quand j'étais au Laos en 1992 ,j'ai rencontré pas mal de monde qui travaillaient pour l'Onu, dans le but de remplacer cette culture par des substitut, ils gagnaient des milliers de dollars par mois! les rois du Laos en somme et pas mal ne semblaient pas tellement préoccupés par ce problème, mais j'ai tout de meme connu des gens vraiment motivés et "humains" et qui ont fait pas mal de choses!
Malheureusement  je ne sais pas ce qu'il en est advenu maintenant, je me rappelle que j'emmenais des touristes voir des champs de pavots, et que ce n'était pas caché!



Voici la partie de la plante qui est inscisée le matin, une sorte de sève blanche s'en écoule et est récoltée plus tard et ensuite mise à sécher et devient noire!
Souvent les "employés" se font payer en opium !




Vers une République démocratique populaire lao exempte d'opiumLe 14 février 2006, ce pays d'Asie du Sud-Est a célébré les progrès remarquables qu'il a faits au cours des huit dernières années pour éliminer la culture du pavot à opium.
En 1998, le Laos, qui récoltait près de 27 000 hectares de pavot à opium, était le troisième producteur d'opium dans le monde après l'Afghanistan et le Myanmar. La moitié de sa production étant consommée sur place par 63 000 usagers d'opiacés, le Laos comptait aussi l'un des taux les plus élevés de toxicomanes. Par contre, d'après les dernières statistiques, le pavot à opium n'est plus cultivé que sur 1 800 hectares et le nombre d'opiomanes est tombé à 20 000.
Cependant, tous les chiffres récents ne sont pas pour autant encourageants. D'après une enquête de l'ONUDC effectuée en 2005, l'éradication des champs de pavot progressait plus vite que l'action visant à fournir aux agriculteurs de nouvelles sources de revenu. Selon la publication intitulée Opium survey and impact study, plus de la moitié des agriculteurs n'avaient pas encore trouvé de culture de rapport ou de culture vivrière de base qui remplace la culture du pavot à opium. En outre, les anciennes régions productrices d'opium continuaient à avoir les indicateurs de développement humain les plus faibles du pays.
Prenant la parole dans la capitale lao Vientiane, où il s'était rendu à l'occasion des célébrations du 14 février, le Directeur exécutif de l'ONUDC, Antonio Maria Costa, a mis la communauté internationale en garde: "Le Laos se trouve à un point critique. Les succès considérables qu'il a remportés risquent d'être réduits à néant si une assistance adéquate ne lui est pas fournie, ce qui aurait des répercussions préoccupantes pour la sécurité et le développement économique de toute la région."
M. Costa a ajouté que le Gouvernement lao devait rester vigilant au cours de cette phase postéradication du pavot à opium, comme l'ont été les Gouvernements vietnamien et thaïlandais. Bien qu'exempts d'opium depuis les années 90, ces deux pays éradiquent encore chaque année de nombreux hectares de pavot à opium.
Au Laos, le pavot à opium est essentiellement récolté dans les régions montagneuses pauvres et isolées des provinces du nord. Alors qu'en Australie les trafiquants vendent un kilo d'héroïne jusqu'à 500 fois le prix de 10 kilos d'opium brut nécessaire pour produire cette héroïne, les minorités ethniques qui cultivent le pavot à opium continuent à vivre dans une pauvreté extrême.
Leur situation pourrait bien encore se détériorer. "La production d'opium est due à la pauvreté", affirme Leik Boonwaat, représentant de l'ONUDC au Laos, "mais le fait qu'il soit facile de s'en procurer a conduit à un usage très répandu, contribuant ainsi à une pauvreté encore plus grande". La toxicomanie touche en général les hommes d'âge moyen ou mûr, qui sont alors incapables de contribuer un tant soit peu au revenu de la famille. Les cultivateurs de pavot qui ne sont pas toxicomanes s'en sortent mieux mais vivent malgré tout dans des conditions précaires. Ils utilisent l'opium comme de l'argent comptant ou comme médicament.
Une solution globale
On ne peut attendre du Laos, l'un des pays les moins développés du monde, qu'il vienne à bout, tout seul, de la production, du trafic et de la consommation de drogues. Par ailleurs, l'éradication de la culture de pavot à elle seule ne se traduira pas par des résultats durables. Pour résoudre le problème de la drogue, il faut l'envisager de manière équilibrée, c'est-à-dire intégrer développement alternatif, réduction de la demande, détection et répression et sensibilisation de la société.
Le Programme stratégique directeur de l'ONUDC de 2006-2009 pour le Laos incorpore ces quatre éléments et prévoit une assistance spéciale au millier d'anciens villages producteurs d'opium qui risquent fortement de reprendre la culture du pavot à opium. Bien que le gros de son budget de 18,4 millions de dollars des États-Unis soit consacré aux projets de développement alternatif, le Programme stratégique directeur comprend aussi les volets suivants: traitement et réadaptation, VIH/sida et prévention des toxicomanies, consolidation de l'état de droit, formation des magistrats, aide aux services de détection et de répression et promotion de la coopération internationale.
Les programmes de développement alternatif s'attaquent aux causes de la pauvreté et cherchent à donner aux cultivateurs d'autres sources viables de revenu. Ces programmes ne se limitent pas au secteur agricole et concernent aussi le renforcement des capacités, les améliorations en matière d'infrastructure et l'accès aux services socio-économiques. Le principe fondamental est que les cultivateurs ayant accès à des terres arables, des micro-crédits, de nouvelles routes, des débouchés pour leurs marchandises, de même qu'à des soins de santé et à un enseignement améliorés arrêteront volontairement de cultiver du pavot à opium et auront ainsi une chance de se sortir eux-mêmes de la pauvreté.
Les femmes lao ont constaté par elles-mêmes à quel point leur vie s'était améliorée depuis qu'il n'y avait plus d'opium. "Lorsque le pavot à opium était cultivé", explique Boonwaat, "c'était essentiellement les femmes auxquelles incombait la pénible obligation de se réveiller tôt et de marcher pendant des heures sur des sentiers de montagne escarpés pour effectuer le dur labeur associé à la production d'opium." À leur retour, elles retrouvaient souvent un époux opiomane et violent. Aujourd'hui, les femmes travaillent moins loin du village, où elles pratiquent d'autres cultures et élèvent du bétail, ce qui leur permet de gagner de l'argent et de la confiance en soi.
L'élimination de l'opium a également incité de nombreux toxicomanes à chercher du secours et poussé les collectivités à solliciter l'aide des pouvoirs publics en matière de traitement et de réadaptation. Grâce en partie à des programmes réalisés au plan local, la toxicomanie a considérablement diminué au Laos. Les actes de violence familiale ont régressé et la productivité de même que le revenu des ménages ont augmenté. Eu égard à ces succès, il faudrait redoubler d'efforts pour aider les anciens opiomanes et les usagers actuels et étendre les services à la prévention et au traitement des personnes, de plus en plus nombreuses, qui prennent des stimulants de type amphétamine.
Depuis le milieu des années 90, le trafic et l'abus de stimulants de type amphétamine ont augmenté au fur et à mesure que les groupes criminels transnationaux diversifiaient leurs produits et utilisaient des stratégies de commercialisation agressives pour vendre ces produits. Ces groupes criminels mènent également davantage d'opérations de trafic en transit. Le Laos est un pays clef pour le transit et le stockage de stimulants de type amphétamine et d'héroïne en provenance du Myanmar, alors que les produits chimiques précurseurs utilisés pour produire des drogues illicites traversent la frontière lao en sens inverse.
Le Gouvernement lao et la communauté internationale doivent répondre à ces problèmes nouveaux comme ils l'ont fait pour l'éradication de l'opium - à savoir en créant un environnement qui permette un développement humain durable tout en s'attaquant aux drogues illicites et à la criminalité transnationale organisée.
Le triangle d'or 
Après que la France eut annexé le Laos en 1893, des monopoles d'opium ont été établis pour financer les lourdes dépenses initiales du régime colonial. Les Français ont importé à cette fin plus de 60 tonnes d'opium par an du Moyen-Orient.
Lorsque la seconde guerre mondiale a interrompu cet approvisionnement, la production d'opium en Indochine (actuellement le Cambodge, le Laos et le Viet Nam) est passée de 7 tonnes en 1940 à 60 tonnes en 1944. À la fin de l'occupation par les Français, l'opium a continué à faire l'objet d'échanges commerciaux pour financer les activités clandestines de forces paramilitaires dans la région.
Au cours des années 50, la culture du pavot à opium s'est considérablement étendue en Asie du Sud-Est par suite de sa suppression en Chine et dans la République islamique d'Iran. L'expression "Triangle d'or"a fait son apparition en 1971 pour désigner les régions montagneuses productrices d'opium au Laos, en Thaïlande et en Birmanie (maintenant le Myanmar). En 1989, la production a atteint un niveau record de plus de 3 000 tonnes.
À l'heure actuelle, la situation est différente: la Thaïlande est exempte d'opium et le Laos n'approvisionne plus le marché illicite de drogues en opiacés. Le Président du Comité national lao pour le contrôle et la supervision des drogues, le ministre Soubanh Srithirath, a suggéré à la communauté internationale de ne plus utiliser l'expression "Triangle d'or".


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MessagePosté le: Mar 14 Déc - 06:44 (2010)    Sujet du message: L'opium Répondre en citant

Par Europe1.fr





La culture du pavot pour produire de l'opium a augmenté de 22% en 2010 en Asie du Sud-Est, a annoncé lundi l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans son rapport annuel sur la production d'opium dans la région. La culture du pavot a progressé dans les trois principaux pays producteurs: la Birmanie (38.100 hectares de culture en 2010), le Laos (3.000 ha) et la Thaïlande (289 ha), a précisé dans un communiqué l'ONUDC.. Ces chiffres sont en hausse pour la quatrième année consécutive, mais ils restent bien en deçà des quelque 160.000 ha cultivés dans les années 1990, et bien loin derrière l'Afghanistan, premier producteur mondial avec environ 7.000 tonnes d'opium par an. "Alors que les gouvernements ont intensifié leurs efforts pour détruire les cultures (de pavot), la production potentielle d'opium (en Asie du Sud-Est) a augmenté selon nos estimation d'environ 75% entre 2009 et 2010", passant de 345 tonnes à 603 tonnes, a souligné le directeur de l'ONUDC, Youri Fedotov, cité dans le communiqué.


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MessagePosté le: Lun 4 Avr - 11:19 (2011)    Sujet du message: L'opium Répondre en citant

A l’ombre des champs de pavot en fleur
Asie du Sud-Est. Malgré la politique d’éradication des champs de pavot voulue par les Nations unies et l’administration américaine, la production d’opium reprend de plus belle dans le Triangle d’or. Les explications de The Diplomat.

04.04.2011 | The Diplomat


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Depuis des générations, les tribus des collines – essentiellement des Hmongs, des Akhas et des Yaos – se félicitent des récoltes abondantes de pavot et la vue des champs en fleur enchante touristes et photographes. Mais cette beauté naturelle est le dernier souci des unités antinarcotiques américaines. Si certains habitants des collines considèrent cette plante comme une bénédiction, les responsables occidentaux n’y voient rien d’autre que la source de l’addiction à l’héroïne qui sévit dans leurs villes.

Il y a un peu moins de dix ans, la production d’opium du Triangle d’or – région frontière entre le Myanmar, le Laos et la Thaïlande – était en perte de vitesse. Pendant des décennies, la Thaïlande avait tenté d’éradiquer l’opium et, en 2002, sous la pression du gouvernement américain et de l’agence de l’ONU contre la drogue et le crime (ONUDC), le gouvernement laotien avait lancé une campagne dans le même sens. En 2005, le Laos a proclamé qu’il ne produisait plus d’opium et les Nations unies ont annoncé que les récoltes du Myanmar avaient été réduites de moitié. L’année suivante, le directeur de l’ONUDC, Antonio Maria Costa, a déclaré que les jours du Triangle d’or étaient comptés. Mais, apparemment, cet optimisme n’était pas fondé. Selon une enquête annuelle de l’ONU, en 2010, la culture du pavot en Asie du Sud-Est a augmenté de 22 % par rapport à l’année précédente et elle a fait un bond de 55 % au Laos.

L’échec des campagnes d’éradication de l’opium du Myanmar et du Laos s’explique par des raisons à la fois politiques et économiques. Au Laos, les tribus des collines bravent de plus en plus l’interdit pour pouvoir joindre les deux bouts. Les prix des denrées ayant chuté, le taux de pauvreté parmi les populations agricoles est en hausse. Et comme le prix de l’opium flambe, un nombre croissant de paysans sont tout naturellement tentés par la culture du pavot.

Des pressions économiques similaires s’exercent sur l’Etat Shan, au Myanmar. Comme l’ont signalé les Nations unies, le pavot est de loin la culture la plus lucrative pour les paysans, un seul hectare pouvant rapporter 4 600 dollars, soit 13 fois plus qu’un hectare de riz. A cette incitation économique se greffe la politique complexe de l’Etat Shan, où les tentatives de la junte militaire pour soumettre les armées rebelles des groupes ethniques ont contribué à encourager les parties impliquées dans le conflit à recourir au commerce de l’opium et au trafic d’héroïne pour se procurer des fonds.

Pour les détracteurs de la politique menée par les Etats-Unis et l’ONU, la principale raison de l’échec de la lutte contre la drogue en Asie du Sud-Est est le fait qu’elle est axée sur des mesures de coercition et de sanction. Au Laos, les tribus des collines sont mécontentes du traitement draconien qui leur est infligé. Alors que beaucoup de paysans ont du mal à vivre des récoltes de denrées ordinaires, la culture du pavot leur permet de troquer celui-ci contre le riz d’autres villages et de fournir des antalgiques aux localités isolées ayant un accès restreint aux hôpitaux.

Paradoxalement, malgré l’augmentation de la production d’opium dans le Triangle d’or, de nombreux hôpitaux et cliniques du Myanmar et du Laos ont encore des difficultés à s’approvisionner en morphine. Dans les hôpitaux de Rangoon, certains médecins conseilleraient même aux familles de patients en grande souffrance de se procurer de l’opium sur le marché noir.

Tant que le Myanmar sera aux mains de la junte militaire, il sera impossible de reconnaître le pays comme un producteur légal d’opium soumis à un contrôle international. Le Laos, en revanche, étant un pays en paix, il est plus facile d'y réglementer la culture du pavot.

Tout cela pour dire que, si l’opium est détruit dans certaines régions du Laos, d’autres secteurs souffrent d’une pénurie d’antalgiques. Le problème ne se limite pas à la consommation interne : si le Laos pouvait cultiver de l’opium légalement, il représenterait un marché florissant d’antalgiques au sein de l’Association des nations du Sud-Est (ASEAN).

D’ici là, de nombreux Laotiens continueront à se demander pourquoi l’Occident accepte la culture de l’opium dans un groupe restreint de pays riches en ressources pendant que le leur, pauvre et enclavé, est censé vivre des exportations de café et de Beerlao, la bière nationale.

REPÈRES
Le dernier rapport de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), en mars 2010, dresse le bilan de la consommation de stupéfiants dans le monde. Les pays européens consomment près de la moitié de l’héroïne mondiale, Europe occidentale en tête. Le Royaume-Uni, l’Italie, la France et l’Allemagne représentent 60 % de la consommation régionale. La Fédération de Russie consomme 20 % de l’héroïne produite en Afghanistan. En Asie, l’héroïne continue d’être la principale drogue                          

consommée – en Chine, en Malaisie, au Myanmar, à Singapour et au Vietnam : 25 % des consommateurs de drogue par injection à l'échelle du monde vivent en Asie de l’Est et du Sud-Est. Autre sujet de préoccupation majeur dans la région : l’OICS souligne la progression de la fabrication, du trafic et de l’usage de drogues synthétiques de type amphétamine. Coût de fabrication modique, facilité d’approvisionnement et fort potentiel addictif font de ces substances un danger majeur.


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