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Tissage

 
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Pat
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MessagePosté le: Mar 23 Fév - 19:30 (2010)    Sujet du message: Tissage Répondre en citant

Le SFE ( service fraternel d'entraide)  a un projet de développement de la production de soie dans le plateau des Boloven dans la province de Sekong (Sud du Laos). Il s’agit d’une ferme-école dans laquelle des Laotiens viennent se former à la culture du mûrier, l’élevage des vers à soie et le dévidage des cocons. Après trois ans d’activité, ce sera 150 familles de 13 différents villages qui pourront produirent du fil de soie. Nous sommes maintenant au milieu de la 3eme année, la plupart des familles on été formée et la production commence à se développer. Pour l’instant, le bureau se charge de trouver des acheteurs pour la soie sur Vientiane mais une association de producteur est mise sur pied afin que du début à la fin, les producteurs puissent se débrouiller sans le concours de l’ONG.Voici quelques photos:





La première étape de la filière de la soie consiste à produire des feuilles de mûriers. Un jardin est donc aménagé.
Le producteur va construire une clôture pour éviter que les chèvres ne viennent se régaler de ces feuilles bien fraîches. Pour démarer, le producteur recevra des plans de mûriers qui auront été produit à la ferme école. Par la suite, il fera les boutures lui-même à partir de ses propres mûriers.
La variété de mûrier a été sélectionnée à cause de ces grandes feuilles mais cette dernière produit aussi des fruits qui sont mangés sur place.
Le producteur fait également son compost naturel pour améliorer la croissance des mûriers.


Code:



 Donation des premières boutures              Preparation du terrain avant de planter les boutures







Code:



 Jardin de mûriers







L’élevage des vers à soie doit se faire dans un environnement propre et protégé des insectes, les vers étant sensibles aux piqûres de mouches qui les rendent inaptes à produire de la soie. Le producteur construit donc une cabane d’élevage (voir photo), cette cabane est souvent placée sous la maison sur pilotis ou à coté.



Le producteur a deux possibilités : La première étant d’utiliser des vers à soie locaux qui se reproduisent facilement ou, deuxième possibilité : utiliser des vers hybrides qui produisent 5 fois plus de fils mais dont il doit acheter les œufs, ces derniers devant être produit dans un environnement industriel (un cocon donne environ 1,5 km de fil). Voici une feuille d’œufs de vers à soie, une feuille A4 contient 10'000 œufs.

De cet œuf sortira un vers à soie qui occupera son temps à manger des feuilles de mûriers et dormir (ne dit-on pas, heureux comme un vers à soie ?). Plus il grossit et plus il mange. Lorsqu’il est suffisamment gavé, le vers va s’installer pour faire son cocon protégeant ainsi la larve de papillon. Environs 4 semaines vont passer entre l’œuf et la formation du cocon. Si le cocon n’est pas ébouillanté pour tirer le fil de soie, un papillon apparaîtra avec une particularité tout de même ; ce papillon ne peut pas voler.

les feuilles de mûriers comme repas - cocons blancs ou jaunes naturellement



Une fois le cocon formé, le producteur va plonger les cocons dans de l’eau bouillante afin de tirer le fil de soie. Les larves se trouvant à l’intérieur, ainsi ébouillantées seront ensuite mangées par les familles. 9 à 100 fils sont tirés en même temps pour former un fil plus ou moins épais selon l’utilisation que l’on désire en faire. Le fil est ensuite trempé dans une solution de savon afin de lui retirer la partie grège, puis il passera dans une solution de teinture.



Les cocons sont ébouillantés afin d’être dévidés.
Dans la filière de la soie, rien ne se perd ! Ainsi les vers à soie sont récupérés et dégustés, à préférer encore chaud…


Dernière édition par Pat le Sam 9 Juil - 18:22 (2011); édité 2 fois
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MessagePosté le: Mar 23 Fév - 19:30 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Pat
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MessagePosté le: Mar 23 Fév - 19:33 (2010)    Sujet du message: Tissage Répondre en citant

Et si ça vous interesse, le site de Maïsavan Lao, des pros de la soie.

  http://www.soielaos.com/PBCPPlayer.asp?ID=133181


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jeanjean
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MessagePosté le: Mer 24 Fév - 05:10 (2010)    Sujet du message: Tissage Répondre en citant

c'est une bonne region le plateau des boloven  soie  , cafe ,
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Pat
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MessagePosté le: Ven 25 Mar - 07:32 (2011)    Sujet du message: Tissage Répondre en citant

Qu'est-ce que la soie ?
 

 

C'est une fibre extraite du nid de cocon produit par un papillon appelé Bombyx mori, de la même espèce que le Bombycidae et élevé par l'homme depuis des milliers d'années. Dans d'autres espèces, certains papillons font aussi leur cocon et sécrètent leurs fils à soie, que l'on appelle
« soie sauvage » car ils n'ont pas fait l'objet d'élevage par l'homme. De nos jours, de nombreux scientifiques s'y intéressent et font des recherches poussées. Cependant, les papillons de l'espèce Bombycidae se développent mieux, traversent une métamorphose plus complète, réalisée en quatre étapes: larve, ver, chrysalide et papillon.  
 

 
Données de la soie : cycle de la vie du ver à soie
 

 
Le papillon femelle bombyx pond des œufs qui pourront incuber entre 10 jours et 10 mois. Actuellement le centre expérimental de sériciculture peut les faire incuber entre 10 et 12 jours. Les petits vers se nourrissent des feuilles du mûrier à soie jour et nuit. Pendant sept ou huit jours on observe que les vers s'activent et se reposent normalement jusqu'à l'arrêt complet de l'alimentation. Alors, ils se renferment et sécrètent des fils pour atteindre le troisième stade de leur vie comme chrysalide. C'est à partir de cette étape que l'homme pourra tirer les fils de soie. Lors du quatrième stade, la chrysalide devient papillon. La chrysalide sortira du cocon pour s'accoupler et produire des œufs. Les Lao conservent ces œufs dans un tissu en coton pour l'incubation de la saison suivante. Dans le passé, ils élevaient des semences de vers traditionnels. Aujourd'hui, il existe des semences hybrides et étrangères.
 

 
Semences traditionnelles
 

 
Les Lao élèvent les vers à soie au cocon jaune produisant un fil long de 200 à 500 mètres. Le rendement qualitatif pourra être inférieur à 15 % si le cocon est dédoublé ; les fils seront alors facilement cassables. Le fil n'est pas lisse. Le cocon pourra aussi être abî mé par les mouches, fourmis, rats, geckos, et margouillats. Pour protéger les vers, les éleveurs devront couvrir en permanence leur casier. Aujourd'hui les techniques d'élevage se sont améliorées. On creuse un canal de protection autour de l'implantation, puis on construit une chambre noire, garnie d'un grillage anti mouche. Un autre facteur de mauvaise qualité, c'est quand le cocon est sale, lorsque l'extérieur est souillé par l'urine de chrysalide ou l'intérieur par une chrysalide morte. Le fil de soie de ces cocons donne alors une mauvaise qualité, qui pourra aussi résulter d'un cocon plus creux, plus petit, ou atteint de maladie. La sélection rigoureuse des cocons sains donnera une meilleure qualité à la soie.
 

 
Semences étrangères
 

 
Les semences étrangères sont importées, en général, du Japon, de Corée ou de Taïwan. Le fil de soie est blanc. Le cocon est plus grand. Le rendement est de 20 %. Chaque cocon donne au moins 1000 mètres de fil. Ce type de semence est compatible avec la soie industrielle. Les Lao n'élèvent pas cette semence mal adaptée à leur climat. Ils restent attachés aux méthodes traditionnelles de sériciculture.
 
   
Les vers hybrides
 

 
Le ver à soie hybride donne un cocon plus gros. Le cocon est rond. Le fil de soie est jaune. Le rendement est de 16 % à 20 %. Chaque cocon donne un fil long de 700 à 1000 mètres. Ce type de semence est facile à élever. Le centre expérimental de sériciculture de l'arrondissement de Hatxayfong, à Vientiane, peut produire cette semence.
Hormis la soie jaune de semence traditionnelle et la blanche qui est étrangère, il existe des soies de couleur verte et marron, qui sont sauvages. Les Lao ne les élèvent pas car le rendement est sans doute plus faible et les cocons sont attaqués par les insectes. Les experts étrangers ont découvert la soie marron dans la province de Savannakhet.
Pour avoir de beaux fils de soie, un des facteurs essentiels de réussite en sériciculture réside dans une alimentation appropriée des vers. Les techniciens sériciculteurs admettent tous, que les vers alimentés par des feuilles du mûrier produisent des fils plus beaux que ceux nourris par des feuilles du ricin.
 
   
Le mûrier à soie
 

 
Le mûrier est un arbre de la famille des Moracées, mulberry en anglais. C'est un arbre aux feuilles rondes et dentelées sur leur pourtour; il est originaire des régions tropicales. Le Laos compte plusieurs types de mûriers à soie aux noms variés : Mone ta dam, mûrier aux yeux noirs, Mone Soy, mûrier en guirlande, Mone noy, petit mûrier, Mone kèo, mûrier aux pierres précieuses, Mone bay mone, mûrier à thé, ou Mone bay pho, mûrier aux feuilles de figuier, l'arbre de Bouddha. Au départ, la plantation de mûriers avait pour objectif unique l'alimentation des vers à soie. Actuellement, on les plante aussi pour en extraire des arômes destinés au thé, aux cosmétiques, dont les shampoings. Avec ses fruits, on prépare également des confitures et du vin.  


Hansana Sisane


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MessagePosté le: Mar 29 Mar - 05:46 (2011)    Sujet du message: Tissage Répondre en citant


L'égrenage



L'égrenage est un processus parmi les activités permettant de tirer les fils de soie d'un cocon à la troisième étape du cycle de la vie des vers (chrysalides). Selon la méthode courante, ces cocons choisis (la soie traditionnelle contient entre 10 à 15 % de séricine) seront trempés pendant deux ou trois minutes dans l'eau bouillonnante à 80°c. A l‘aide d'une spatule en bois, on remue légèrement et régulièrement les cocons tout en saisissant un fil de soie pour l'enrouler sur une bobine en bambou qui finit son parcours clans un panier. Les fils recueillis seront classés par catégorie. La séparation des fils joue un rôle de sélection rigoureuse en vue de garder les plus beaux et les plus solides, ceux de meilleure qualité destinés au tissage de premier ordre. Un cocon comprend diverses couches de fils, de qualité et dimension variables. Le tri pour distinguer les différentes catégories reste une activité d'importance primordiale pour le tisserand s'il veut obtenir des fils convenables destinés au tissage répondant à chaque type de tissu choisi.

Chaque cocon se compose de trois couches :



- première couche ou couche extérieure du cocon: première couche de fil du cocon appelée soie de pelure, ou soie de maï liip. Cette couche donne de gros fils, plus durs et rugueux. Sa couleur tire vers un jaune très clair. On la destine plutôt au tissage d'étoffes épaisses.
- deuxième couche: cette couche est appelée soie moyenne, c'est-à-dire les fils de soie de la couche du milieu. Les fils sont de la même taille et de la même couleur. La qualité est bonne et très appréciée par les Lao qui la destinent au tissage de bonne qualité correspondant à leur canon d'esthétique traditionnelle.
- troisième couche : la soie obtenue par cette couche est appelée la soie de faîtage. Les fils de cette couche sont plus fins et conviennent à merveille à la réalisation d'un Mat Mii (à ne pas confondre avec le batik qui est réalisé avec de la cire). Le Mat Mii est tissé et brodé en un complexe jeu de teintures et de nœuds suivant une technique minutieuse et ingénieuse qui nous surprend toujours. Une fois les nœuds coupés et défaits, on découvre un tissu illustré de motifs à vous figer d'admiration. On a envie d'en acquérir pour les raisons qui vous sont les plus chères, inexplicables tout simplement, tellement on est sous le charme de l'objet pourtant très courant au Laos: le Mat Mii.

Cependant de nos jours, certains sériciculteurs ont tendance à produire une filature mixte en mêlant les fils de soie de la couche extérieure et ceux de la couche du milieu. Le résultat s'avère d'une qualité inférieure, mais reste toutefois supérieure en quantité, en comparaison avec celle de la couche moyenne. C'est un défaut regrettable de ces éleveurs qui préfèrent la quantité en négligeant délibérément la qualité.
La qualité des fils de soie est définie et classée par l'Institut japonais de « Yokohama & Kobe Silk Conditioning House », en degrés standards : 5A, 4A 3A, 2A, A, B, C, ou D. L'unité utilisée dans la mesure de la grosseur du fil de soie en degré est appelée denier. Un fil de soie ayant un denier aura une longueur de 450 mètres pour un poids de 0.5 grs ou égal à 9000 mètres pour un kilo.Au Laos la qualité de la soie est classée 3A.



Plusieurs experts en soie sont d'avis que le tirage du fil de soie du cocon, à propos de la qualité, dépend de la température de l'eau où trempe le cocon. Si on peut maintenir l'eau à une température constante, on obtiendr a alors une bonne qualité de soie. C'est la raison pour laquelle les Lao préfèrent utiliser des récipients en terre cuite qui gardent plus longtemps une température égale de l'eau. L'outillage traditionnel utilisé dans la filature se compose d'une marmite en terre cuite, un rouet, un panier en bambou tressé pour garder les fils de soie appelés Ho Mone, palais de soie, un gros panier et un van. Les fils recueillis seront embobinés sur un rouet appelé khouang, activé à la main.


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Pat
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MessagePosté le: Mar 19 Avr - 19:31 (2011)    Sujet du message: Tissage Répondre en citant

Teintures et couleurs naturelles du Laos
 

Techniques : la teinture naturelle s'obtient par diverses techniques. Les Lao en ont adopté deux dont ils gardent jalousement le secret, transmis de génération en génération. 



à chaud : On fait bouillir les différents produits d'origine végétale, animale ou minérale pendant plusieurs heures jusqu'à ce que l'on obtienne la couleur voulue. Puis on y trempe les fils de soie ou de coton pour en tirer une couleur harmonieuse. 

La technique à froid : on fait macérer les plantes choisies dans de l'eau à température ambiante. Au bout de deux à trois jours on y ajoute de la chaux, en remuant la préparation avec un outil appelé « sone », une sorte d'engin destiné à la pêche, en bambou tressé, une variété de nasse sans dispositif de fermeture, jusqu'à ce que la décoction donne une sorte de mousse qui sera ensuite passée au tamis. La couleur obtenue à partir de cette technique tire plutôt sur le bleu.



Les plantes et couleurs : Le tinctoria linn, issu de la famille des Leguminosae, plus communément dénommé « indigo », donne la couleur bleue du même nom, et est destiné essentiellement à la teinture du coton, tandis que le Baphicacanthus Cusia Brem peut aussi bien teindre la soie que le coton.
La laque donne la couleur rouge. Le jaune ocre est extrait du terminala catappa, oreilles de cerf ou houkouang, coscinium usitatum ; l'orange du fruit d'anatto ; le gris et le noir, du fruit du diospiros mollis (valable avec les deux techniques chaude et froide) ; le vert vient du mak lin maï, langue de bois, ou Indian trumpet ; le rouge clair du caesalpinia sappan. En outre, certaines de ces plantes ont des vertus médicinales efficaces. Un des procédés utilisé pour que la couleur tienne bien sur la soie ou le coton consiste à recourir aux acides extraits des nids de fourmis rouges ou de la solution sulfurique de bauhinia malabarica et d'alun. Les matières âpres, sel, chaux, tamarin, feuilles acidifi antes, cassia siamea, feuilles de tamarinier sauvage, boue sont des composantes d'importance pour renforcer les fibres.
De nos jours, l'homme est appelée à s'intéresser plus que jamais à la protection de l'environnement, conformément à la Convention de Kyoto. Plusieur s pays ont adopté des règlements stricts sur l'utilisation de produits chimiqu es sous toutes leurs formes. La pollution sauvage causée par le déversement des teintures chimiques et de leurs dérivés dans les cours d'eau porte sérieusement atteinte à la conservation de la faune et de la flore aquatiques tout comme à l'équilibre bio-écologique. En outre, les riverains sont victimes de l'odeur nauséabonde et toxique qui s'y propage, altérant tous les espaces vitaux. En revanche, les résidus de plant es et leurs déchets peuvent être transformés en engrais organique ou naturel pour l'agriculture. Les teintures naturelles, non toxiques, peuvent être utilisées dans l'alimentation sans dommage pour la santé.



Les Lao utilisent de préférence la couleur obtenue des feuilles de panducus odorus ou le centre de la fibre de coco pour la confection du khao paad, gâteau de riz en gelée. De plus, les vêtements de couleur indigo protègent des rhumatismes articulaires et sont dotés d'un pouvoir antiseptique. Ajoutons que les graines d'anatto sont utilisées spécialement pour la teinture de toute la panoplie de tenues des bonzes. En outre, elles font aussi le bonheur des mamans car elles ont le pouvoir d'empêcher les tiques de s'aventurer dans les oreilles de leurs nourrissons.



Le baphicacanthus cusia Brem est un arbuste annuel de la même famille que l'acanthaceae, qui pousse dans les régions tempérées. Au Laos, on les trouve principalement dans le nord où la terre est fertile. Cet arbuste, une fois débité est lavés et trempé pendant deux à trois jours dans une jarre d'eau où l'on veille à le retourner chaque jour. Quand les feuilles commencent à se décomposer, on essor le contenu pour le faire égoutter et on y ajoute de la chaux vive pour le pétrir pendant une à deux heures, jusqu'à ce qu'apparaisse la mousse bleue qu'on appelle fleur d'indigo. Les déchets restants sont transformés en engrais organique pour bonifier la terre. Le liquide obtenu pourra être utilisé plusieurs fois en ajoutant de l'alcool de riz ou la lie de cette solution.



Sécrétée par un insecte, la laque employée en peinture et en teinture est une sorte de résine rouge-brun issue de certains arbres tropicaux. L'insecte en question est le puceron laccifer, de la famille des lacciferidae. Le laccifer femelle est démuni d'ailes mais peut se déplacer. Au début de sa formation, le laccifer possède pattes et antennes ; puis il perd ses pattes et reste sur place pour sucer la sève de la plante où il se trouve, généralement celle de l'espèce nommée cajanus cajan millsp. L'insecte sécrète sa bave glutineuse, qu'on appelle laque, et qu'on employe en peinture et surtout en teinture, très appréciée des Lao, qui la nomment khang .


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MessagePosté le: Dim 8 Mai - 07:18 (2011)    Sujet du message: Tissage Répondre en citant

Technique de tissage    


 
 


(ket tao pour le 1er.)





Techniques de base : les techniques appelées techniques de passer les fils de trames entrecroisés avec la chaîne, constituent la base du tissage de tout type. Il faut qu'il y ait des fils de trame et des fils de chaîne, de la même couleur ou pas. Si les fils de chaîne utilisés comme couleur de fonds sont d'une nuance différente, on aura un tissu en couleur sur la longueur. Mais au contraire, si ce sont les fils de trame qui sont d'une autre couleur, les motifs seront géométriques ou formeront des images assez réalistes.
Le tissu en soie confectionné par ces techniques de fils entrecroisés sera plus ou moins épais, selon l'exigence de la commande :
- un tissu en soie confectionné par les fils de chaîne et de trames entrecroisés, sera plus lisse, plus propre et fin ;
- L'épaisseur varie en fonction du nombre de fils entrecroisés, qui sera moyenne si on les double et plus lourde encore si on les multiplie par quatre, tout dépend de ce à quoi il est destiné, et de chaque ethnie.

Le Pha khamma ou Pha-ipo est un tissu à usage multiple
En coton, le Pha Khamma est destiné à répondre aux besoins domestiques courants, serviette, écharpe, couvre-chef, foulard, hamac pour enfant ou bébé, drap, baluchon pour le voyage, ceinture formant un rouleau dans lequel on peut mettre du riz pour les déplacements et autre affaires personnelles ; on s'en sert aussi comme maillot de bain. C'est vraiment un objet précieux, très pratique. En soie, on fait des écharpes de cérémonie et d'apparat, pour les femmes comme pour les hommes. Le Pha khamma est réalisé à partir de cette technique de base avec différents couleurs entre la chaîne et les fils entrecroisés à l'horizontale.   
Le Ket Tao s'inspire de la carapace ou de l'écaille de tortue
Le Ket Tao est un tissu en soie ou en coton dont les dessins évoquent un tressage en bambou, au motif croisé comme le Laï Khat. Le Ket Tao est tissé avec la technique de base normale, en utilisant les fils de soie ou de coton des deux mêmes couleurs pour la chaîne et pour les fils horizontaux, jumelant noir et blanc, marron et blanc, bleu et blanc, et rouge et blanc. La tisseuse monte la chaîne avec les fils aux deux couleurs, l'une foncée al ors que l'autre est claire. Chaque ensemble de dix fils de chaîne utilise les mêmes couleurs, espacées identiquement par deux fils de couleur plus foncée avec lesquels on continue à tisser jusqu'à ce que le cadre de la largeur voulue soit finalement comble. Pour ce faire, on utilise deux navettes et deux Tako pour tirer et alterner les fils et les couleurs de façon à obtenir des dessins différents. On trouve le Pha Ket Tao dans la région septentrionale du Laos généralement ; on s'en sert comme drap, pour se couvrir le corps quand on sort de la maison en plein hiver et pour se protéger du froid humide pénétrant ; il est particulièrement apprécié comme rideau pour isoler une chambre à coucher.
  

  
Le Laii Met Nga
  

  
Le Laii Met Nga, motif en graines de sésame ou Pha Laii Met Nga tout court, il est tissé avec des techniques dites normales en utilisant des fils de chaînes en noir et blanc uni selon les besoins, sont tissés en alternance. Aussi apparaissent des points noirs et des points blancs comparables à des graines de sésame dispersées sur toute l'étendue du tissu, des motifs sont propres aux Phouthay.   
La technique mêlant des fils horizontaux et verticaux bigarrés rappelle celle suivie pour la teinture bicolore. Cette dernière, appelée Kom dans certaines régions, consiste à entrelacer deux fils de couleurs différentes en un fil unique torsade, pour la chaîne et pour les fils entrecroisés. Cette technique de torsade est utilisée dans la production de Pha Hang ou tissu de queue, destiné à n'être porté que dans les cérémonies solennelles.   
Dans plusieurs contrées on nomme ce tissu Pha Kom. Pha Tchong Kaben pour les Kmers, il est destiné au genre masculin qui le porte à l'occasion des rites religieux essentiellement. Le Pha Hang peut avoir jusqu'au quatre mètres de long. Rappelons que, fait d'une seule pièce, l'homme s'en vêtira pour honorer une célébration mémorable ; d'une longueur légèrement moindre que le Pha Hang, et donc héritant d'un autre nom, Phahang Kahok, ou queue d'écureuil, ce tissu est d'une brillance qui rappelle la queue chatoyante de ce rongeur distingué.   


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MessagePosté le: Sam 9 Juil - 18:23 (2011)    Sujet du message: Tissage Répondre en citant

Croyance et philosophie immortalisées sur la toile en soie


Les Lao, depuis des lustres, et jusqu'à aujourd'hui, excellent non seulement dans le tissage, la filature et la teinture traditionnelle, qui constituent les savoir-faire des habitants vivant en Asie du Sud-Est, mais aussi la préservation de certaines règles qui s'appliquent de génération en génération.



Voici quelques interdictions dans le travail quotidien :



On ne tisse pas lorsqu'il y a un décès dans le village. Les femmes de certaines ethnies ne tissent pas pendant trois mois de suite lorsque leur chef meurt. La mort constitue une perte importante et une grande tristesse pour elles et pour tout le village. Le travail de tissage et de filature est considéré comme moins important et doit être stoppé immédiatement pendant la période de deuil, aussi longue soit-elle.
Ce travail interdit également pendant les jours où l'on doit observer les préceptes du Bouddha ou les jours néfastes inscrits dans le calendrier lao. Les dates sont calculées en fonction du cycle lunaire. On compte quatre jours de préceptes par lunaison, deux pour la période de lune croissante et deux pendant la lune décroissante. Ces jours-là, il est interdit de tisser, sinon les tisseuses et le village s'exposent à des malheurs. Quant aux hommes, il est interdit de chasser ou de pêcher. Les vieux eux vont à la pagode écouter le sermon et le conseil du Bouddha. Les villageois cueillent des fleurs qu'ils assemblent à des baguettes d'encens pour prier devant leur autel, ils respectent les règlements et les préceptes importants en évitant d'utiliser des mots grossiers et de tuer.
Par ailleurs, pendant la teinture à l'indigo, il est interdit aux enfants de se plaindre de l'odeur. Sinon, cela risque de faire tourner la couleur. Enfin, il est défendu à une femme qui a ses règles menstruelles de teindre ses fils de soie ou de coton avec le cocus lacca, car on croît qu'on ne pourra obtenir du rouge. En sus, cette femme dite impure ne peut pas offrir des fleurs à l'autel. Ces interdictions constituent une philosophie qui enseigne la patience, la pureté et l'honnêteté.
Au Laos, à l'époque du royaume du Lane Xang, est tombé dans la période de guerre de plusieurs centaines d'années. Des lieux sacrés ont été détruits. Des objets de valeur et patrimoine national ont été volés par les agresseurs. De nombreux Lao ont abandonné leur terre et leur maison pour vivre à l'étranger. Néanmoins, la diaspora lao n'oublie pas sa culture et ses traditions. Actuellement, au moment où le développement, qui touche en particulier l'économie, entre dans le pays, l'influence étrangère, la violence, la délinquance et même la culture occidentale incitent les citadins à abandonner les coutumes. La concurrence économique et le choix des objets modernes entraînent la disparition progressive des traditions et du mode de vie. Quand la culture et la tradition disparaissent, l'esprit et le bon cœur s'évanouissent à leur tour. A la place s'épanouissent l'égoïsme et l'individualisme car les gens perdent peu à peu l'honnêteté, la morale, l'amour et l'entraide prônés par leurs ancêtres. En conséquence, les problèmes de société affluent. Il n'est pas trop tard, car les Lao en témoignent, tout comme les personnes âgées qui vont toujours à la pagode faire des offrandes. Oui, le Laos restera encore longtemps un pays de culture.


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jeanjean
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MessagePosté le: Lun 11 Juil - 06:25 (2011)    Sujet du message: Tissage Répondre en citant

la soie est vraiment une tres belle matière .  je savais pas cette coutume .  c'est bien dommage que tous cela disparaisse . mais maintenant on est obliger de suivre le système    aussi mauvais soit il dans certains cas .  pour vivre personne n'a le choix
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MessagePosté le: Lun 11 Juil - 11:48 (2011)    Sujet du message: Tissage Répondre en citant

Tout fout le camp hélas  . gueul

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MessagePosté le: Mer 2 Jan - 19:46 (2013)    Sujet du message: Tissage Répondre en citant

Les tisserands et couturiers Lao menacés par les importations de contrefaçons !!!

Le gouvernement de la République Démocratique Populaire Lao vient d'interdire l'importation d'articles de soie synthétique étrangère imitant les modèles traditionnels de sins Lao, parce qu'ils portent préjudice aux artisans Lao. Depuis plusieurs années en effet, les tisserands et couturiers Lao s'estiment lésés par les contrefaçons de l'étranger qui inondent le marché Lao. Malgré leur piètre qualité, ces produits constituent à leurs yeux une concurrence déloyale car leur prix, peu élevé, attire de plus en plus les consommateurs. 

 
De fait, leur clientèle tend à se raréfier, et leur chiffre d'affaires tombe en chute libre. Si cette situation persiste, elle pourrait menacer des emplois : plusieurs faillites et fermetures ont déjà été constatées. « Des plaintes nous sont rapportées chaque jour , a déclaré la présidente de l'Association des artisans lao, M me Chinda Phommasathith. Des copies d'importation de sins Lao, en soie synthétique et de confection industrielle sont vendues de 30 000 à 65000 kips. Ce sont des prix que ne peuvent pas pratiquer nos artisans sans mettre en péril l'existence de leur entreprise .» 

 
Pour lutter contre ce phénomène, le maire de la capitale Vientiane, M. Soukanh Mahalath, a évoqué le décret n° 761 du 5 novembre 2012 interdisant l'importation de contrefaçons de textile et d'articles imitant les modèles traditionnels de sins Lao. Ces mesures d'interdiction concernent également l'importation et la vente sur les marchés du pays de contrefaçons d'uniformes de la police ou de l'armée Lao. Les autorités du département de l'Industrie et du commerce de la ville ont déjà commencé à contrôler les commerces pour s'assurer du respect de ces interdictions. « Ce décret était indispensable pour la protection des tisserands et couturiers Lao , a expliqué le chef du service du contrôle des marchandises du département de l'Industrie et du commerce de Vientiane, M. Noumanh Phothisane. Il fallait également mettre un terme aux contrefaçons des uniformes des membres de nos institutions.» 


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:36 (2016)    Sujet du message: Tissage

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