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Les ethnies

 
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Pat
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MessagePosté le: Jeu 21 Jan - 12:35 (2010)    Sujet du message: Les ethnies Répondre en citant

On dit souvent du Laos qu'il est moins un État-nation qu'un conglomérat de minorités ethniques et de langues. Traditionnellement, les Lao se partagent eux-mêmes en quatre catégories - les Lao Loum, les Lao Thaï, les Lao Thoeng et les Lao Soung - suivant l'altitude à laquelle ils vivent et les particularismes que celle-ci est censée impliquer. La moitié de la population se compose de Lao Loum. Quant à "l'autre" partie, elle compte de 10 à 20% de Thaï, de 20 à 30% de Lao Thoeng (habitants de basse montagne, principalement proto-malais ou môn-khmers) et de 10 à 20% de Lao Soung (ethnies hmong ou mien établies en altitude). Le gouvernement préfère une répartition en trois groupes qui englobe les Lao Thaï dans le groupe des Lao Loum. Ces trois groupes figurent en costume national au verso des billets de 1 000 K dans l'ordre suivant (de gauche à droite) : Lao Soung, Lao Loum et Lao Thoeng. Il existe également de petites tribus d'origine tibéto-birmane, comme les Lisu, les Lahu, les Lolo, les Akha et les Phu Noi. Parfois regroupées sous la désignation de Lao Thoeng, elles vivent, à l'instar des Lao Soung, dans les montagnes du nord du pays. Les Lao Loum ("Lao des plaines") forment la branche ethnique lao dont les membres vivent traditionnellement dans la vallée du Mékong ou le long de ses affluents et parlent la langue lao. Selon la classification officielle, ils résident à une altitude de 200 à 400 m. Les Lao Loum ont toujours mené une vie sédentaire reposant sur une économie de subsistance fournie par la culture du riz irrigué. Comme tous les Austro-Thaï, les Lao étaient des animistes qui ont adopté le bouddhisme theravada au milieu du premier millénaire de notre ère. La distinction entre Lao et Thaï est relativement récente, d'autant plus que 80% de ceux qui parlent la langue lao habitent le nord-est de la Thaïlande. Même les Lao vivant au Laos désignent sous le nom de "Thaï" différents groupes de Lao Loum, comme, par exemple, les Thaï Luang Phabang (Lao de Luang Prabang). Il s'agit de sous-groupes thaï étroitement liés à la famille des Lao mais de tempérament plus "tribal" : ils ne se sont pas laissé absorber par la culture lao et forment de petits groupes distincts. Comme les Lao Loum, ils vivent le long des vallées fluviales mais préfèrent souvent les hauteurs aux plaines inondées du Mékong. Les Lao Thaï cultivent aussi bien le riz irrigué que le riz de montagne. La plupart ont refusé de se convertir au bouddhisme ou au christianisme pour conserver le culte des esprits. On distingue les différents groupes de Lao Thaï par la couleur de leurs éléments ou bien l'endroit où ils vivent : par exemple les Thaï noirs (Thaï Dam), les Thaï blancs (Thaï Khao), les Thaï des forêts (Thaï Pa), les Thaï du Nord (Thaï Neua), etc. Pour marquer la différence entre les Thaï siamois et les autres groupes astro-thaï, quelques spécialistes lao anglophones utilisent l'orthographe Fai" pour ces derniers, bien que l'origine et la prononciation de ce mot lient exactement les mêmes que celles du mot "Thaï". L'orthographe Pai" est également source de confusion avec le mot lao-thaï tai ("sud"), li désigne notamment les Lao Tai (ou Thai Tai) du sud du pays. LaoThoeng Les Lao Thoeng ("Lao des plateaux"), apparentés aux Austro-Asiatiques, habitent les montagnes de moyenne altitude (entre 300 et 900 m) dans le nord et le sud du Laos. Ils se divisent en sous-groupes, le plus important étant celui des Khamu, suivi par les Htin, puis les Lamet. On trouve quelques Laven, Katu, Katang, Alak et autres groupes de la branche mon-khmère dans le Sud. Les Lao Thoeng sont parfois appelés de façon péjorative khàa ("esclave"ou "serviteur") parce qu'ils ont servi de main-d'œuvre aux population d'immigrés austro-thaï il y a plusieurs siècles et, plus récemment, sous la monarchie lao. Ils travaillent encore souvent pour les Lao Soung. les Lao Thoeng ont un niveau de vie nettement inférieur à celui des trois autres groupes. Leurs échanges avec les autres Lao reposent généralement sur le troc. Les Htin (également appelés Lawa) et les Khamu parlent des langues très proches. Ils seraient arrivés au Laos bien avant les Lao Loum, les Thaï et les Lao Soung. Lors des fêtes du Nouvel An à Luang Prabang, les Lao Loum offrent un tribut symbolique aux Khamu qu'ils considèrent comme leurs prédécesseurs et les "gardiens de la terre".

Les Lao Soung ("Lao du haut") regroupent les tribus des montagnes vivant à plus de 1 000 m d'altitude. Venue du Myanmar, du Tibet et du sud de la Chine au cours du siècle dernier, c'est l'ethnie la plus récemment immigrée au Laos. Le groupe le plus important compte environ 200 000 Hmong, également appelés Miao ou Meo, divisés en quatre grands sous-groupes : les Hmong blancs, les Hmong rayés, les Hmong rouges et les Hmong noirs (les couleurs dépendent de certains éléments de leur costume). On les trouve dans les neuf provinces du Nord ainsi que dans Bolikhamsai (centre du Laos). La culture sur brûlis du maïs et du riz constitue la base de l'agriculture des Hmong. Ils élèvent des bovins, des cochons, des buffles et des poulets, qu'ils utilisent plus pour le troc que pour la vente. L'opium assure leur principal revenu ; ils en cultivent plus que tout autre groupe ethnique laotien. Ils vivent surtout dans les provinces de Hua Phan, Xieng Khuang et Luang Prabang. Au nombre de 30 000 à 50 000, les Mien (ou encore lu Mien, Yao ou Man) forment le second plus grand groupe, vivant principalement dans les provinces de Luang Nam Tha, Luang Prabang, Bokeo, Udomxai et Phongsali. Ils cultivent également le pavot. Les Mien et les Hmong partagent de nombreuses caractéristiques ethniques et linguistiques et sont dans leur grande majorité animistes. Considérés comme de tempérament plus agressif et guerrier, les Hmong ont été choisis et entraînés par la CIA pour servir dans les forces spéciales du gouvernement royal dans les années 1960 et au début des années 1970. De très nombreux Hmong et Mien ont quitté le pays après la révolution de 1975. Quelques petits groupes de résistants hmong subsistent dans les montagnes des provinces de Xieng Khuang et Sainyabuli(on sait très bien le sort qu'il leur est réservé!) Depuis des siècles, les commerçants chinois viennent s'installer au Laos comme partout ailleurs en Asie du Sud-Est. La plupart arrivent directement du Yunnan mais depuis quelque temps, beaucoup viennent du Vietnam. Selon les estimations, ils représentent entre 2% et 5% de la population.


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MessagePosté le: Jeu 21 Jan - 12:35 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Pat
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MessagePosté le: Jeu 21 Jan - 12:37 (2010)    Sujet du message: Les ethnies Répondre en citant

Appellation des ethnies de la RDP Lao



Depuis son origine, le Laos est un pays composé de nombreuses ethnies qui forment le peuple lao. Durant ces dernières années, il n'y a pas eu d'unanimité quant au choix d'appellation de ces ethnies. En effet, le Parti et le gouvernement lao considèrent que la recherche de leur dénomination est un sujet important et que chaque nom doit refléter l'histoire de l'ethnie. L'objectif de cette étude est de nommer et classer ces et luies selon les principes des sciences ethniques et la situation spécifique de chaque ethnie. Elle permet ainsi d'écarter les termes dont la signification serait mauvaise dans la société lao. Cette politique a pour objectif de réunir le peuple et de renforcer la solidarité multiethnique et l'égalité dans le pays.
Une première recherche sur l'appellation des ethnies avait conclu qu'il existait au Laos trois grands groupes : Les Lao Loum, Lao Soung et Lao Theung avec au total 68 ethnies. Les Lao Loum se com posant de 12 ethnies, les Lao Soung de 20 et les Lao Theung de 36 mais cette étude ne correspondait pas à celle des sciences des ethnies de la RDP Lao.
Selon les résolutions du bureau politique du comité central du Parti, du 6 juin 1981, le président Kaysone Phomvihane a autorisé le comité national des ethnies en collaboration avec les fonctionnaires du Front lao d'Edification nationale (FLEN) à lancer une nouvelle recherche. Les chercheurs ont débuté leur analyse sur les quatre principaux standards internationaux des sciences ethniques : la langue, l'origine, la culture et l'économie mais la RDP Lao a seulement retenu les trois premiers critères.
Pour valider les informations obtenues par cette recherche, le FLEN en coopération avec la commission des ethnies de l'Assemblée nationale (AN) a tenu deux réunions, la première le 4 juillet 2001 puis la seconde, le 9 octobre 2007. Se basant sur le débat de la 4 e session ordinaire de la 5 e législature de l'AN du 20 octobre 2007 et celui de la 5 e session ordinaire de la 6 e législature de l'AN du 14 juillet 2008, le FLEN et la commission des ethnies de l'AN ont décidé de poursuivre les recherches sur quelques ethnies aux dialectes chinois tibétain de la province de Phongsaly et au dialecte mône-khmer des provinces centrales et méridionales du Laos.
Lors de la 6 e session ordinaire de la 6 e législature de l'AN du 24 novembre 2008, les conclusions finales sur l'appellation et le nombre des ethnies de la RDP Lao ont pu être approuvées. Selon les directives du bureau politique du comité central du Parti et celui du comité exécutif du comité central du Parti, les populations lao se composent actuellement de 49 ethnies, réparties en quatre groupes de dialectes : Lao-Tay avec 8 ethnies, mône khmer avec 32 ethnies, hmong ioumiane avec 2 ethnies et chinois tibétain avec 7 ethnies.
Pour annoncer officiellement ces informations, le FLEN a organisé la semaine dernière une conférence de presse à Vientiane, présidée par le vice-président du FLEN, M. Somphone Khagnong-ek, en présence des directeurs des départements et des journalistes locaux invités.


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MessagePosté le: Sam 13 Fév - 15:09 (2010)    Sujet du message: Les ethnies Répondre en citant

Une vidéo sur le nord du Laos et ses ethnies:

de silviabaioni, merci


 


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jeanjean
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MessagePosté le: Dim 14 Fév - 17:27 (2010)    Sujet du message: Les ethnies Répondre en citant

très belle vidéo  et une musique vraiment reposante
_________________
le pays ou en s'ennuie pas


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MessagePosté le: Sam 6 Nov - 06:56 (2010)    Sujet du message: Les ethnies Répondre en citant

Mme MARIANNE BLACHE - Territoires et identités en péninsule indochinoise : les Akha et la montagne au Laos.


samedi 20 novembre 2010
9h
A la maison de la recherche, salle D323, 3° étage,
28 rue serpente, 75006 Paris 
Mme MARIANNE BLACHE soutient sa thèse de doctorat : 
Territoires et identités en péninsule indochinoise : les Akha et la montagne au Laos. 
En présence du jury : 
M. BART ( BORDEAUX 3 )
MME FRANCK ( INALCO )
M. HUETZ DE LEMPS ( PARIS 4 )
M. MOIZO ( IRD )
M. SEVIN ( PARIS 4 ) 
Résumés : 
Le Laos est un pays montagneux qui présente une population multiethnique. Traditionnellement, il existe de fortes discontinuités spatiales entre populations de plaine et de montagne. Les Akha, groupe d’essarteurs de montagne, illustrent alors la différence entre une culture spatiale intimement liée à la composante montagnarde, et celle de la population majoritaire lao-thaï, établie dans des paysages rizicoles de plaine. La territorialité des ces deux groupes s’inscrit alors dans deux configurations spatiales particulières, deux territoires identitaires, qui entretenaient jusqu’ici peu de rapports. Ces deux territoires identitaires ont des fonctionnements distincts : celui des Akha est fluide, reproductible, il est un territoire-milieu ; tandis que celui des Lao-thaï est relativement fixe, plus classiquement attaché aux lieux. Aujourd’hui, ces deux territoires identitaires se trouvent dans le territoire national d’un Etat moderne qui essaye toujours de se construire, sur le modèle de l’Etat-nation. Alors que les Lao-thaï, qui exercent le pouvoir dans un régime communiste, n’avaient que peu porté d’intérêt aux espaces montagnards et à leurs populations, le contexte régional et mondial leur fait porter un regard nouveau sur cette montagne. Les défis du développement engendrent des réponses politiques qui touchent particulièrement les territoires identitaires de montagne. D’un côté, les populations montagnardes sont déplacées en plaine afin de leur offrir un accès plus facile au marché et aux structures étatiques, et de l’autre, les espaces montagnards sont de plus en plus exploités pour leurs ressources. La création d’une nation semble être à ce prix. 


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MessagePosté le: Sam 6 Nov - 06:58 (2010)    Sujet du message: Les ethnies Répondre en citant

Et la thèse:  http://www.paris-sorbonne.fr/fr/IMG/pdf/PdTheseMBlache.pdf

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MessagePosté le: Mar 22 Fév - 18:32 (2011)    Sujet du message: Les ethnies Répondre en citant

Dénomination des ethnies du Laos


Un séminaire sur la dénomination des ethnies du Laos s'est tenu mi-février à Thalat, district de Kèo-Oudom, province de Vientiane, sous la conduite du président de la Commission des affaires ethniques de l'Assemblée nationale, le Dr Thongphanh Chanthalanon, en présence des députés des circonscriptions de la province, des représentants du Front lao d'édification nationale de la province, de l'Union des femmes lao, des services d e l'information, de la culture et de l'éducation et des anciens de Savannakhet, de Khammouane, de Xayaboury, de Vientiane et de la capitale Vientiane. Ce séminaire se proposait de faire connaître et bien comprendre l'histoire, la dénomination et la diversité des ethnies présentes en RDP Lao. Il s'agissait également de permettre aux différentes populations ethniques d'être mieux connues et appréciées par leurs propres membres, tout en renforçant, sous la direction du Parti, les liens traditionnels de solidarité de manière à atteindre les objectifs de développement fixés par le gouvernement en vue d'éradiquer la pauvreté dans le pays. Les participants ont échangé leurs points de vue, à la lumière de l'expérience acquise, sur les noms attribués aux ethnies, selon les directives de l'Assemblée nationale, et sur leur nombre, tel que retenu par le Front lao d'édification nationale (FLEN).



Histoire des ethnies :


Les nombreuses ethnies qui existent au Laos depuis son origine ont une seule nationalité, la nationalité LAO. Leur dénomination a donné lieu à des discussions dans le pays au cours de ces dernières années. En effet, pour le Parti et le gouvernement, il est important que le nom de chaque ethnie corresponde bien à son histoire. Il y a donc lieu de s'assurer que la dénomination et la classification des ethnies soient conformes aux acquis de l'ethnologie et correspondent à la situation spécifique de chaque ethnie du pays. On est parvenu autrefois à la conclusion que le Laos possédait trois groupes, les Lao Loum, les Lao Soung et les Lao Theung, et 68 ethnies, parmi lesquelles les Lao Loum (12 ethnies), les Lao Soung (20 ethnies) et les Lao Theung (36 ethnies), mais cette typologie n'était pas conforme aux résultats des recherches ethnologiques. Elle visait à assurer l'unité du pays et la solidarité multiethnique, dans le contexte de la lutte pour la libération nationale. Suite aux résolutions adoptées le 6 juin 1981, par le bureau politique du Comité central du Parti, le président Kaysone Phomvihane a déclaré que les trois groupes ci-dessus ne correspondaient pas à la réalité et a invité la Commission des affaires ethniques de l'Assemblée nationale, en collaboration avec les spécialistes du FLEN, à étudier de nouveau la question de l'appellation des ethnies, afin d'envisager les rectifications appropriées, sur la base des quatre principaux critères retenus par les ethnologues dans le monde : langue, origine, économie et culture. Parmi ces derniers, la langue, l'origine et les traditions culturelles ont été choisies en ce qui concerne la RDP Lao.
Pour tirer les conclusions des recherches ainsi entreprises, le FLEN et la Commission des affaires ethniques de l'Assemblée nationale ont organisé deux réunions sur la dénomination et le n ombre ethnies en RDP Lao, le 4 juillet 2001 et le 9 octobre 2007. Puis, en tenant compte des débats qui avaient eu lieu au sein de l'Assemblée nationale le 20 octobre 2007, lors de la 4 e session ordinaire de la 5 e législature, et le 14 juillet 2008, lors de la 5 e session ordinaire de la 6 e législature, le FLEN et la Commission ont poursuivi leurs travaux sur quelques ethnies utilisant un dialecte chinois tibétain, dans la province de Phongsaly, et un dialecte môn-khmer dans certaines provinces centrales et méridionales du Laos. Considérant les ethnies comme une composante essentielle du pays, l'Assemblée nationale, le 24 novembre 2008, pendant la 6 e session ordinaire de sa 6e législature, s'est prononcée sur la dénomination et le nombre des ethnies de la RDP Lao, sur la base des recommandations du bureau politique et du comité exécutif du Comité central du Parti, en reconnaissant 49 ethnies, réparties en quatre groupes de dialectes : les groupes de dialectes lao-tay (huit ethnies ) , môn-khmer (32 ethnies), hmong ioumiane (deux ethnies) et chinois-tibétain (sept ethnies).


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Pat
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MessagePosté le: Mar 26 Avr - 05:35 (2011)    Sujet du message: Les ethnies Répondre en citant

Le Laos comprend 49 ethnies qui pratiquent trois langues différentes, le lao-taï, le môn-khmère, le chinois tibétain et le hmong iou-miane. Quinze ethnies communautaires lao pratiquent la langue môn-khmère, à savoir : 

* L'ethnie kummou (ou kamou) est localisée dans les régions du Haut-Laos s'étendant jusqu'à la province centrale de Khammouane. Selon le recensement de 1995, la population de l'ethnie kummou s'élève à plus de 500 000 âmes. L'ethnie kummou a son propre dialecte, mais pas d'écriture. Animiste, elle pratique le culte des ancêtres et croit aux esprits, notamment aux démons et à l'enfer. Semi-sédentaires, les Kamous construisent des maisons sur pilotis, qu'ils quittent après huit voire quinze années, une fois les sols des alentours épuisés par la culture sur brûlis. Ils vivent de la culture du riz, de légumes et de l'élevage. L'ethnie kummou se distingue par la richesse des divers styles artistiques et culturels de chacune de ses branches par ses instruments de musique en bambou, les danses de sabre, les chants traditionnels et les costumes d'apparat lors des fêtes traditionnelles.



* L'ethnie katang vit actuellement dans les provinces de Khammouane, de Savannakhet, de Saravane, de Champassak et de Xékong. On compte à l'heure actuelle environ 95 000 katang, dont 48 000 femmes. Cette ethnie préfère se nommer « Brou katang » et sa langue est classée dans le groupe de langue môn-khmère, identique à celle des ethnies try, makong, xouay, ta-oy, pako. L'ethnie katang est de langue orale. Leur fête annuelle importante est le Cha-nga (Nouvel An) : une cérémonie « La-pup » consiste à offrir de la nourriture aux esprits. L'ethnie katang a pour originalité d'avoir des chants traditionnels typiques tels que le Lam saneud et le Lam tangvaï, accompagnés au son d'instruments de musique traditionnelle tels que la flute, le tambour et le khène. Les menbres habitent dans les maisons sur pilotis. Autrefois, les hommes katang s'habillaient de pagnes en simple étoffe, avaient les cheveux longs coiffés en chignon, des boucles d'oreilles pour ornements, des tatouages aux jambes, des dents taillées pour montrer leur courage et leur don de magie. Les femmes portaient des jupes avec des chemises, parées elles aussi de chignons, de boucles d'oreilles en argent ou en étain et se coloraient les dents en noir. L'ethnie katang pratique la culture sur brulis pour la production de riz et de maïs, et aussi l'élevage de bovins et de chèvres.



* L'ethnie katou est implantée dans les districts de Kalum, de Dakchung et de Thatèng de la province de Xékong, de Lao-ngam de la province de Saravane et de Pakxong, de Bachiengchaleunsouk de la province de Champassak. On recense d'environ 17 000 katou, dont 8 600 femmes. Leur langue est classée dans le groupe de langue môn-khmère, sans écrit de base L'ethnie katou est aussi animiste et craint les esprits, particulièrement les fantômes. Son habitat est très particulier: de grandes maisons rondes sur pilotis où vivent ensemble des familles élargies. Le centre de la maison est le lieu de rencontres et des cérémonies rituelles familiales. Les Katou accueillent les visiteurs en leur offrant la faveur de fumer une pipe en bambou, appelée «Kokdeu », tradition toute particulière, au son du gong, du khène et de la flute.


* L'ethnie krieng, quant à elle, est installée dans les provinces méridionales du Laos, celles des districts de Kalum, de Thatèng, de Lamam de la province de Xékong, et aussi dans les districts de Saravane, province de Saravane et de Pakxong province de Champassak. La population des Krieng est estimée à 12 000 habitants, dont 6 000 femmes, et se divise en deux branches, celle des « Kè » et des « Chatong ». Cette ethnie est également de langue orale. Autrefois, elle était remarquée par des traditions très spéciales. Des menbres avaient pour habitude de se tailler les dents à ras, de percer leurs oreilles et de se tatouer le corps afin de montrer leur bravoure, leur patience et leur richesse. Les Krieng vivent de la culture du riz, de l'élevage et de l'artisanat de vannerie.



* L'ethnie « kry » ou « malabris, youbris, salang, arém ettongleuang », qui signifie « homme sauvage »vit dans les districts de Boualapha, de Nhommalat, de Nakaï (province de Khammouane), de Viengthong, de Khamkeut (province de Borikhamxay) et de Phieng (province de Xayaboury). Les Kry ne sont guère nombreux puisqu'en 1995,on n'en recensait qu' à peine plus de700. Ils ne pratiquent pas tous la même langue : les Kry qui habitent dans les provinces de Khammouane et de Borikhamxay parlent celle du groupe de langue viet-meuang et ceux de la province de Xayaboury, pratiquent une langue du groupe môn-khmère. Les Kry n'ont pas d'écriture. Ils vivent dans des zones très reculées, montagneuses, et se déplacent souvent, changeant régulièrement leur habitation. Ils se nourrissent de manioc, de fruits sauvages, de végétaux et pratiquent la chasse. Peu à peu, leurs conditions de vie s'améliorent grâce aux actions du gouvernement.



* L'ethnie khmère réside dans le district de Moulapamok de la province de Champassak. Elle compte environ 4000 menbres. Elle a sa propre langue parlée et écrite, rattachée au groupe de langue môn-khmère. Elle pratique le bouddhisme et le culte des esprits. Des pagodes sont implantées près des lieux d'habitation et servent d'espace de prière et de rassemblement des villageois. Les pagodes, comme les maisons d'habitation construites sur pilotis, sont enrichies de sculptures. Leurs chants traditionnels, leurs danses et leurs instruments de musique sont assez remarquables.



* L'ethnie ngouane est implantée dans les districts de Boualapha, de Hinboun, de Xaybouathong et de Thakhèk de la province de Khammouane. C'est une petite ethnie de 1344 habitants, dont 687 femmes. Elle a son propre dialecte, classé dans le groupe de la langue môn-khmère mais elle utilise la langue lao pour communiquer avec les autres ethnies. Les Ngouane croient aux fantômes. Aujourd'hui, les Ngouane ont une bonne pratique de l'élevage et de l'agriculture, notamment pour les plantations de mûriers. Ce sont de très bons vanniers, et leurs produits sont commercialisés.





jolies représentantes de l'ethnie Kummou


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Pat
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MessagePosté le: Mer 1 Juin - 06:26 (2011)    Sujet du message: Les ethnies Répondre en citant

Groupes ethniques de langue chinoise tibétaine
 

 
 L'ethnie singsiry est implantée dans les provinces de Phongsaly, de Luang Namtha, d'Oudomxay, de Bokèo et de Luang Prabang. Selon le dernier recensement, sa population est estimée à 35 635 habitants, dont 17 988 femmes. L'ethnie singsiry se retrouve aussi sous diverses appellations, comme phounoy (petit homme), pounoy (petit crabe), phounoy (petit mont), thayphongsaly, singsiry, bixou. Cette ethnie comporte plusieurs branches : les Phougnot, les Tapad,

les Bantang, les Chaho, les Laoxèng, les Fay, les Laopane, les Phongkou et les Phongset. Chacune a ses spécificités mais peu différentes. L'ethnie singsiry croit au bouddhisme et aux esprits. La transmission de l'héritage revient exclusivement aux fils aînés. Les habitations sont construites sur les pentes de collines ou au pied des montagnes, près des rivières. Une ouverture centrale, en façade principale, permet les entrées et les sorties, mais une deuxième porte ,à l'arrière, ne s'ouvrira que pour les cérémonies rituelles. L'ethnie singsiry a ses propres instruments de musique traditionnelle tels que le tambour, le gong, le khène. Lors d es fêtes traditionnelles, les hommes et les femmes portent des costumes de couleur noire, peu ornés de broderies. Cette ethnie singsiry cultive le riz et des plantes légumières sur brûlis et pratique aussi l'élevage.
* L'ethnie sila, beaucoup moins importante, puisqu'elle ne comptait, lors du dernier recensement, que 1 772 habitants, dont 882 femmes, est localisée dans la province de Luang Namtha et dans le district de Nhot-ou, province de Phongsaly. Cette ethnie se retrouve sous d'autres noms notamment, dans le district de Nhot-ou, où elle est appelée beunxou, veuyeu, yeutheu, et dans la province de Luang Namtha, ou ell est nommée séng. L'ethnie sila n'a pas de langue écrite. Elle croit aux esprits uniquement. Elle possède ses propres instruments de musique, qui sont la flûte, les cymbales, le tambour, qu'elle utilise principalement lors des fêtes du Nouvel An. Les habitations de l'ethnie sila sont construites au ras du sol, sur un seul niveau. Les hommes portent des pantalons et des chemises noirs, parés d'une écharpe noire autour de la tête, les cheveux longs ou en chignons et de nombreux bracelets. Quant aux femmes, elles s'habillent de longues jupes avec des chemises de différentes couleurs, noires, vertes ou blanches. Cette population vit de la culture sur brûlis pour y planter le riz ou des légumes et pratique aussi l'élevage.
* L'ethnie akha ou Iko, dont la majorité est installée au nord du Laos, principalement à Phongsaly, Luang Namtha, Bokèo et Oudomay, comptait 66 108 habitants, dont 33 000 femmes en 1995. L'etnie akha comprend de nombreuses branches, se rattachant au groupe de langue chinoise-tibétaine : chicho, pouly, pana, fé, oma, noukouy, louma, eupa, chipia, mouchi, yaeu, kheu, mouteun, mamouang, phoukhoua, pilou, pixo, phouxang et kongsat. Elle ne dispose que de la langue parlée. Selon la tradition, les Akha pratiquent le culte des esprits et observent beaucoup d'interdits. Par exemple, les Akha ne doivent pas toucher aux objets accrochés sur les portes, ils ne peuvent pas se promener nus, ni transporter de la viande non enveloppée dans le village. Chanter, danser, compter fleurette à l'intérieur des maisons, est totalement prohibé. Les mères célibataires ne peuvent accoucher qu'à l'extérieur du village. Les nouveaux- nés malfor més ou les jumeaux sont en général supprimés au moment de la naissance. Lorsqu'une veuve ou une femme divorcée décède dans le village, le village part s'installer ailleurs. Les Akha construisent leurs maisons sur les pentes des montagnes, en plein soleil. Leur hospitalité est légendaire. Cette ethnie a beaucoup de fêtes traditionnelles et plus particulièrement la fête du berceau (boun olxa), qui a eu lieu entre août et septembre, ainsi que ses fêtes du Nouvel An, en janvier ou en février. L'ethnie akha pratique la culture sur brûlis pour planter le riz et des légumes, et fait aussi un peu d'élevag e.
* L'ethnie hagny vit actuellement dans la province de Phongsaly, avec une population de 1 122 habitants, dont 528 femmes. Plusieurs branches la composent : les Laoxeung, les Laoly, les Laoya, les Laodiao, les Laofa, les Laoxy et les Laova. Elle n'a que la langue parlée. Elle croit principalement aux esprits. Ses rites mortuaires sont particulier : en général, la dépouille du défunt reste dans l'habitation pendant trois jours avant d'être déposée au cimetière pour une durée pouvant aller de un à cinq ans avant la mise en terre. Si un mari ou une épouse meurt dans les deux ou trois ans suivant leur mariage le conjoint survivant sera autorisé à contracter un nouveau mariage. Ses instruments de musique traditionnelle sont variés, comprenant des flûtes, des py, des moutou, des tihy et des teun.
Ses maisons sont construites en briques, sur un seul niveau. Beaucoup d'interdits à l'intérieur des habitations. En cas de violation, des sanctions sont infligées, et le contrevenant devra s'acquitter d'une somme d'argent ou bien encore du sacrifice d'un cochon au profit du propriétaire pour l'organisation d'une cérémonie rituelle. Les costumes sont très traditionnels : les hommes s'habillent en noir, une écharpe autour de la tête, une ceinture en étoffe colorée et un anneau en argent au bras. Les femmes portent des jupes étroites noires et des chemisiers noirs au col rond, une écharpe nouée sur la tète. Elles sont parées d'anneaux d'argent, de colliers, de boucles d'oreilles, de ceintures et ont les cheveux longs. L'ethnie hagny cultive le riz et pratique aussi le maraîchage et l'élevage.


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Pat
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MessagePosté le: Mar 8 Nov - 07:30 (2011)    Sujet du message: Les ethnies Répondre en citant

En miroir du pouvoir , un bel éclairage sur les Phounoy


Face à un public venu nombreux, Mme Vanita Bouté, maître de conférences en anthropologie sociale à l'université de Picardie d'Amiens et membre du centre Asie du Sud-Est a présenté le mercredi 2 novembre à l'institut français de Vientiane, un exposé remarquable sur les Phounoy du Nord-Laos. Cette conférence a été donnée à l'occasion de la parution récente de l'œuvre de la conférencière, « En miroir du pouvoir », nouvelle monographie de l'Ecole française d'Extrême Orient.
Qu'est-ce-qui a poussé cette jeune anthropologue à s'intéresser à une ethnie bien particulière et à venir s'installer pour un long séjour entre 1999 et 2001 dans un village d'altitude du district de Phongsaly, à sept heures de marche de la route principale?
L'étude des Phounoy, représentait pour cette spécialiste, la seule ethnie, qui à la différence des autres minorités, semblait avoir forgé, au cours des siècles, une relation privilégiée avec les pouvoirs dominants et montré sa volonté d'intégration. De plus, les Phounoy, de langue tibeto-birmane, est la seule minorité du Laos qui pratique à la fois le bouddhisme et le culte aux esprits, mais de manière très réglementée. « En dehors du village, ce sont les esprits ; en dedans c'est le bouddhisme » vous déclareront les Phounoy, qui s'attachent à construire des barrières pour matérialiser les espaces.
L'origine des Phounoy, n'est pas bien connue. Etaient-ils d'anciens esclaves ou des mercenaires, mais au fil des ans cette minorité a évolué en fonction des changements de pouvoirs. Ils se sont au départ imposés comme gardiens des frontières puis se sont aussi bien alliés avec les autorités coloniales et le régime mis en place par la suite. Leurs stratégies d'intégration sont la scolarisation « partir pour apprendre et apprendre à partir », le service à l'Etat, en devenant fonctionnaire « Servir l'Etat et se servir de son statut de serviteur de l'Etat » et la migration vers les centres urbains.
M me Vanina Bouté a passé sa thèse de doctorat en ethnologie sous la direction de M. Yves Goudineau, actuel directeur de l'EFEO de Vientiane. Rappelons que l'EFEO, a été créé en 1900 au Laos. C'est en 1993 que l'Ecole a ouvert officiellement ses portes à Vientiane en coopération avec le ministère de la Culture. Il possède une bibliothèque d'archives unique pour l'Asie du sud-Est. Pour en savoir plus, «En miroir du pouvoir», est publié aux éditions de l'Ecole Française d'Extrême Orient. Il est disponible à la librairie « Monument Books ».


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jeanjean
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MessagePosté le: Ven 11 Nov - 17:45 (2011)    Sujet du message: Les ethnies Répondre en citant

je vais essayer de  me remettre en quête de nouvelles recherches sur les ethnies 
_________________
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