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Les Yaos

 
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Pat
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MessagePosté le: Jeu 21 Jan - 20:01 (2010)    Sujet du message: Les Yaos Répondre en citant

30 Devant une maison d’une affligeante banalité, ressemblant plus à un hangar qu’à une habitation, une femme vêtue d’une longue robe bleu noir, taillée dans une lourde cotonnade, fendue sur les côtés jusqu’à la taille, caresse la tête d’une fillette. Le pan avant de la robe, relevé, laisse voir le pantalon court en coton imprimé.
31 La robe dessine un très long col souligné de pompons rouges descendant jusqu’à la ceinture. La taille est prise dans une large écharpe nouée derrière et dont le tissu est le même que celui de la robe. La tête est enveloppée d’un gros et lourd turban d’un tissu de même nature et de même couleur que la robe. La maison est celle du chef spirituel de la communauté yao du village.
32 Originaires du nord de la province chinoise de Chekiang, les Yao (Chazee, 1995) auraient suivi, lors de leur migration, un curieux itinéraire. En se fondant sur les légendes qu’ils transmettent de génération en génération, leur longue errance comporterait une traversée maritime et un retour en Chine par la province du Kwantung. De là, ils auraient repris leur marche, vers l’est d’une part et vers le sud d’autre part (Lemoine, 1972). On sait qu’ils pénètrent au Laos à peu près au même moment que les Hmong mais par le nord et le nord-est. Aujourd’hui les commu­nautés traditionnelles yao les plus importantes habitent en Chine du Sud, sur l’île de Haïnan, au Vietnam, en Thaïlande, au Myanmar. Au Laos, les 10 000 à 15 000 Yao se sont dispersés dans tout le nord du pays. Leur habitat est localisé en zone de montagne entre 600 et 1 500 mètres où ils se mêlent aux Hmong. Comme eux, ils pratiquent l’essartage et la culture itinérante pluviale sur pente. À ce titre, ils appartiennent à la catégorie des Lao Soung.
33 L’architecture de la maison est des plus banales. Une double rangée de piliers découpe l’espace rectangulaire en 3 longues travées, la travée centrale étant nettement plus large que les deux travées latérales. Ces piliers sont reliés entre eux par des solives, horizontales au centre, légèrement inclinées sur les côtés, celles-ci servant en même temps de chevrons pour la charpente. Le toit s’appuie sur une longue poutre centrale étayée par des montants intermédiaires. On a donc un toit à pans légèrement cassés recouvert de chaume sur un lattage de bambou. Une partie de ce toit est couverte de tôle provenant sans doute de la dotation primitive. Les murs sont faits de planches verticales taillées dans un bois de l’espèce Pterocarpus macrocarpus et clouées en haut et en bas sur une longue barre horizontale fixée aux piliers. Les piliers intérieurs permettent de cloisonner l’espace en autant d’alcôves que l’on veut en clouant des planches sur les solives intermédiaires. Seule la partie centrale reste dégagée. On dénombre ainsi 5 volumes isolés dont un, le plus vaste, sur une des largeurs de la maison, est une véritable pièce fermée par une porte. Dans la partie ouverte, on note la présence d’un « salon » avec tables et chaises, proche de l’unique porte d’entrée et de plusieurs lits avec moustiquaires. Au-dessus de chaque lit, des couvertures, des serviettes de toilette et des vêtements sont pendus à une corde accrochée entre deux piliers. Le sol bétonné, recouvert d’un enduit teinté en vert est d’une grande propreté. Rien ne traîne à l’exception de deux tabourets, de seaux et de quelques corbeilles. En revanche, beaucoup d’objets – habits, sacs, outils, paniers – sont accrochés aux piliers ou aux solives. En face de la porte d’entrée faite d’un assemblage de planches clouées, on aperçoit contre le mur des bandeaux de couleur rouge portant des inscriptions et une statuette de couleur vive placée dans une sorte de niche recouverte de bandeaux, le tout posé sur un trépied. Des offrandes ont été déposées sur une tablette et certaines ont été accrochées au support. À côté de l’autel, une table sur tréteaux à double plateaux supporte divers instruments cérémoniels, en haut des flacons contenant des pigments, des pinceaux, des stylets et quelques produits chimiques venus de Chine, en bas deux piles de cahiers de papier bambou, des livres ainsi que des objets coupants et un bidon en plastique.
34 Les Yao pratiquent un syncrétisme mêlant taoïsme et animisme. Dans leur univers religieux, le monde des esprits n’est pas très éloigné du monde des hommes et toute perturbation de l’ordre du monde entraîne la maladie. Pour les Yao, l’homme possède plusieurs âmes parfaitement localisées dans le corps. Un malade est un individu dont une ou plusieurs de ses âmes ont été volées par les esprits. Ces âmes habitent maintenant divers éléments ou objets de l’environnement. Pour libérer l’âme capturée et guérir le malade, le médiateur doit sacrifier des animaux et intervenir auprès des esprits qui retiennent l’âme prisonnière en leur faisant parvenir un message écrit en caractères chinois sur support de papier bambou. On comprend que certaines cérémonies religieuses s’apparentent à des séances de thérapie. On mesure le prestige dont jouit le prêtre guérisseur, véritable chaman et les avantages qu’il peut tirer de son statut. Car naturellement chaque intervention est rémunérée. Au « cadeau » offert au médiateur, il convient d’ajouter le prix de l’animal sacrifié et celui du papier bambou fabriqué par les femmes de la maisonnée. La maison sert donc de dortoir, de salon et de temple. La cuisine, reléguée dans une annexe plus petite aux murs faits de claies de bambou est dans le prolongement du bâtiment principal, ce qui ne semble pas être conforme à la tradition. Enfin, le grenier est nettement séparé de la maison.
35 Le grenier, contrairement à la maison, est une construction élégante. Le squelette du grenier est constitué d’un savant assemblage de piliers et de solives de bois. Les cloisons, claies de lames de bambou, ferment l’édifice à l’exception de la porte par où le grain a été introduit et qui est scellée lorsque le grenier est plein. Cette porte d’entrée, fermée aujourd’hui par des planches, ne peut être ouverte sans que le chef de la maisonnée en donne l’ordre. Les deux fenêtres fermées par des volets en bois permettent en saison sèche l’accès au grenier et aux réserves. Le toit fait de chevrons et de lattes de bambou est couvert de bardeaux de bambou. Des barres de bois, croisées, posées sur la panne faîtière renforcent la cohérence de l’ensemble. Enfin pour empêcher l’intrusion de rats, les piliers sont entourés d’un manchon métallique, fabriqué à partir de matériaux de récupération.




Yves Monnier.


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MessagePosté le: Jeu 21 Jan - 20:01 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Pat
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MessagePosté le: Jeu 21 Jan - 20:06 (2010)    Sujet du message: Les Yaos Répondre en citant

Les Yao résident dans les terres montagneuses du Sud-Ouest et du Sud de la Chine. Ils ont une religion écrite basée sur le taoïsme chinois médiéval, bien que beaucoup aient été convertis au bouddhisme et au christianisme.
À la fin du XXe siècle, ils étaient environ 2 600 000 en Chine. Les Yao habitent également dans le nord de Laos, dans le nord du Viêt Nam et en Birmanie. Ils sont environ 60 000 en Thaïlande, et représentent l'une des six principales tribus des collines. Ils s'appellent eux-mêmes les Mien (ce qui signifie « personne ») .
En Thaïlande, les femmes Yao gardent en permancence autour du cou un boa de fourrure rouge écarlate. Leurs enfants sont coiffés d'un bonnet brodé avec 3 gros pompoms symbolisant le bonheur, la richesse et la longévité.
Les femmes Yao ont une caractéristique particulière : elles ne coupent leurs cheveux que deux fois dans leur vie, une fois à 18 ans et une fois à 38 ans ; c'est en effet, pour leur ethnie, un critère de beauté. Elles coiffent leurs cheveux en les remontant sur leur tête, et en ajoutant à leur coiffure des cheveux déjà coupés ou tombés, qu'elles ont reçus comme héritage de leurs mères et grand-mères.





Les femmes Yaos non mariées cachent leur cheveux.


( sources wiki)


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