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Comment les dirigeants du Nèo Lao Hakxat se sont évadés

 
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Pat
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MessagePosté le: Mer 1 Juin - 06:30 (2011)    Sujet du message: Comment les dirigeants du Nèo Lao Hakxat se sont évadés Répondre en citant

  
A l'occasion du 51 e anniversaire de l'extra-ordinaire évasion des dirigeants du Nèo Lao Hakxat (Front patriotique Lao), qui les a conduits de la prison du gouvernement royal vers la zone libérée, Le Rénovateur rappelle à ses lecteurs les détails de cet événement historique inoubliable, sur la base du récit qu'en a fait M. Khamphay Boupha, l'un des 16 dirigeants qui avaient été arrêtés et incarcérés en 1960 dans la prison de Phonkhéng (devenue depuis lors un bâtiment du ministère de la Défense nationale). Ce récit, intitulé « Cavale de prison vers la base révolutionnaire», figure dans le livre que M. Khamphay Boupha a consacré à ses activités révolutionnaire. L'histoire commence le matin du 23 mai 1960, correspondant à la fin du 6 e mois et au début du 7 e mois du calendrier lao. Après avoir pris son petit déjeuner en cellule, raconte l'auteur, il a remarqué qu'il y avait eu des mouvements au sein de l'unité du Parti et a compris que le secrétaire du comité dirigeant dans la prison allait leur rappeler le mot d'ordre du secrétaire général du Parti populaire lao, M. Kaysone Phomvihane, selon lequel « si nous sommes arrêtés, il y aura une organisation qui viendra nous mettre en liberté ». Par ailleurs, M. Phoune Sipaseut lui avait fait savoir trois jours avant que le 23 mai 1960 serait le jour où se concerteraient le comité et le camarade Saly Vongkhamxao, chargé par le secrétaire général de former la milice locale pour préparer l'évasion des prisonniers. A 15 h, le caporal-chef Oudone, chef de l'équipe de police militaire, disposa ses hommes pour monter la garde. Il était l'homme clé, formé par le secrétaire du comité du Parti des prisonniers, le camarade Nouhak Phoumsavanh. A 17 h, le caporal-chef et le camarade Xieng Som Kounlavong, en uniforme de policier militaire, sont entrés à pied dans la prison. A 19 h, le caporal-chef Oudone, portant un balluchon de vêtements et accompagné par neuf autres policiers militaires, est venu prendre la garde de la prison. Ces neuf policiers avaient tous été choisis pour leur patriotisme et leur fidélité et formés par le camarade Nouhak Phoumsavanh. Le caporal-chef Oudone, auquel le camarade Nouhak Phoumsavanh avait recommandé de faire preuve d'intelligence et de subtilité, fit en sorte qu'ils soient de garde ensemble le même jour. Selon M. Khamphay Boupha, il doit être félicité pour avoir ainsi organisé ce tour de garde, tout en gardant le secret. Vers 20 h, l'un des neuf policiers du groupe et le caporal-chef Oudone ont distribué des uniformes et des chaussures, des toiles de plastique longues d'un mètre et demi chacune, deux baguettes de pain et une boîte de conserve de poisson, en disant :  

« Des bidons sont sur la table: vous pouvez les emporter mais rien d'autre. Vous devez porter votre uniforme de policier militaire. Quand vous sortirez de la chambre, rangez soigneusement et fermez la porte. » Peu avant 22 h, M. Khamphay Boupha est allé à la rencontre du camarade Phoune Sipaseuth et le comité du Parti lui a demandé : « Est-ce que vous avez dit au camarade Phao Phimphachanh de découper la clôture en zinc de la prison? Moi-même j'ai déjà coupé le fil électrique derrière elle. C'est là-bas que nous allons nous rencontrer dans le noir, sous le grand saman (Samanea saman, le faux tamarinier). Nous allons voir l'oncle Souphanouvong, qui nous expliquera comment faire. Il est temps maintenant de commencer. » Tout le monde se tait, sauf le camarade Phoune Sipaseut qui réplique : « Vous avez éteint la plus grande lampe derrière de la prison, mais c'est une erreur car cela peut nous trahir. Les grands chefs, notamment le colonel Lamngeun, qui habite tout près d'ici, vont venir voir ce qui se passe. » Aussitôt, le secrétaire modifie le plan en donnant un nouvel ordre :
« Sortez par la grande porte. Nous devrons marcher entre les deux chars qui pointent leur canon vers la porte. Ensuite nous passerons devant l'entrepôt d'arme et le terrain de football puis devant les maisons des familles des policiers militaires et nous nous dirigerons vers la clôture de barbelés, entre les toilettes et l'écurie, puis vers le grand saman, à 300 mètres de la clôture. » A 23 h 30, M. Khamphay Boupha, très impatient, est allé demander pourquoi on était en retard au camarade Phoune Sipaseut, qui lui a répondu : « T out est prêt, mais les soldats des deux chars de la caserne de Chinaïmo ne dorment pas encore. Nos policiers militaires jouent au go (Mak Seua Kinh Mou : une sorte de jeu de dames). Ils boivent de l'alcool et sont ivres. Quand ils dormiront profondément, nous allons sortir. » M. Khamphay Boupha note également qu'à ce moment il a vu l'oncle Souphanouvong, qui tenait une assiette sur laquelle se trouvaient 16 morceaux de papaye mûre. Il a donné à chacun un morceau en disant : « C‘est la solidarité combattante! » Plus tard, M. Khamphay Boupha se souviendra de la scène en contemplant dans son petit jardin une papaye mûre : Il décidera de l'offrir aux dirigeants vétérans en témoignage de solidarité et en souvenir de cette journée historique.
 

 
(A suivre si vous êtes sage)...  


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MessagePosté le: Mer 1 Juin - 06:30 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Pat
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MessagePosté le: Ven 10 Juin - 21:12 (2011)    Sujet du message: Comment les dirigeants du Nèo Lao Hakxat se sont évadés Répondre en citant

Comment les dirigeants du Nèo Lao Hakxat se sont évadés (suite , même si tout le monde s'en fout)



Tiré du récit de M. Khamphay Boupha dans Evasion de prison vers la base révolutionnaire
 

 
Il y avait en tout 26 hommes, y compris les membres de la police militaire, répartis en trois groupes (sept, neuf et dix personnes). Ils ne disposaient que de neuf carabines et de deux revolvers, soit trois carabines par groupe, les deux revolvers étant attribués aux deux principaux dirigeants. A minuit 5, le 24 mai 1960, ils ont reçu l'ordre de s'évader, mais il fallait sortir par la grande porte. Le départ a été retardé de deux heures et cinq minutes parce qu'ils ont appris que le camarade commandant Phim, chargé par le Comité central du Parti venir les aider à s'enfuir, avait rencontré des problèmes en plaçant des soldats le long de la route nationale n° 13 nord afin de garantir la sécurité des évadés lorsqu'ils emprunteraient cette route pour se rendre dans la région de Phou Phanang. Ils reçurent finalement l'ordre de passer aux environs du village de Na Gnang pour traverser cette route et se diriger vers la chaîne de montagnes de Phou Phanang. Une fois arrivés à Dane Soung, vers 4 h du matin, ils feraient halte pour prendre quelques heures de repos. Ils devaient donc quitter la prison vers 22 h, le 23 mai, pour y parvenir à l'heure prévue. Le premier groupe comprenait sept personnes: MM. Souphanouvong, Phoune Sipaseut, Ma Khaykhamphithoune, Khamphet Phommavanh, et trois membres de la police militaire, dont le caporal-chef Oudone était le chef. Ce groupe est parti sous une pluie fine. Ses membres n'ont entendu que quelques aboiements de chien, mais aucun signe de présence humaine : c'était le moment du profond sommeil. En passant devant l'écurie, ils ont entendu quelques chevaux piaffer sur le sol. Tout avait l'air tranquille et sûr. Le deuxième groupe réunissait les oncles Nouhak Phoumsavanh et Phoumy Vongvichit, les camarades Sithone Kommadam, Singkapo Sikhotchounnamaly, Bouasy Chareunsouk, et Xieng Som Khounlavong ainsi que trois membres de la police militaire, dont le camarade Vèo était le chef. Il a suivi le premier groupe sans rencontrer de difficultés. Le dernier groupe comprenait M. Khamphay Boupha, les camarades Mune Somvichit, Sisana Sisane, Phao Phimphachanh, Maha Somboun Vongnobountham, Mana Phoukhao et trois membres de la police militaire dirigés par M. Onesa. Il était juste minuit 20, le 24 mai, quand ils sont passés devant les chars dont les occupants dormaient profondément, comme assommés, ronflant bruyamment. Ils n'entendirent en outre que quelques hennissements de cheval. Un membre de la police militaire leur expliqua que les che vaux font toujours ainsi quand ils voient sortir des hommes la nuit. Quand ils furent arrivés sous le grand arbre, le responsable du comité du Parti vérifia de nouveau si le groupe était au complet : 16 fonctionnaires, 9 membres de la police militaire, quatre bonzes qui venaient de se défroquer, Xieng Som Kounlavong et un habitant du village pour servir de gu ide. Mais l'oncle Souphanouvong n'était pas là : il s'était peut-être perdu au carrefour. Un membre de la police militaire fut chargé d'aller le chercher. Il manquait aussi trois membres de la pol ice militaire qui étaient allés à la recherche des quatre bonzes dans le Vat That Luang. Le 24 mai à 1 h, tout le monde commençait à s'inquiéter et à s'impatienter. Certains craignaient d'être découverts si on attendait le jour. L'oncle Souphanouvong dit alors qu'il fallait attendre ceux qu'on était parti chercher car sans eux le groupe risquait aussi d'être découvert. Une demi-heure plus tard survint M. Bounthavy, en compagnie des quatre bonzes qui expliquèrent qu'une fois défroqués ils étaient allés saluer la statue de Xaysethathirat pour lui demander protection, bénédictions et bonheur. Quand le groupe fut au complet, il se mit en marche sous la pluie en traversant un champ du village de Nathom. Il était int erdit à de fumer ou de tousser. Beaucoup de temps fut perdu à cause de l'obscurité et du mauvais état du chemin qu'il fallait suivre à travers bois et champs boueux.


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olie
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MessagePosté le: Dim 19 Juin - 09:06 (2011)    Sujet du message: Comment les dirigeants du Nèo Lao Hakxat se sont évadés Répondre en citant

C'est digne du film la grande évasion, et que leurs est il arrivé par la suite ?

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Pat
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MessagePosté le: Lun 20 Juin - 11:24 (2011)    Sujet du message: Comment les dirigeants du Nèo Lao Hakxat se sont évadés Répondre en citant

J'espère que je vais l'avoir.... mais certains d'entre eux sont devenus de hauts fonctionnaires.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:51 (2016)    Sujet du message: Comment les dirigeants du Nèo Lao Hakxat se sont évadés

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